Blog de Vincent15 pour une société durable et républicaine

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Keyword - Union Européenne

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mardi, novembre 10 2009

Être Démocrate, c'est quoi ?

printempspeuples.jpgUne chaîne lancée par Némo, suite à la chaîne précédente ici.

Donc être démocrate c'est quoi ?

Premièrement, d'une manière basique, être démocrate, c'est vouloir vivre en démocratie, c'est-à-dire vouloir que le peuple soit souverain. Le peuple doit nommer ses représentants. Dans ce cas, tous les partis français sont démocrates, au moins publiquement, car aucun parti politique visible ne prône actuellement le retour à la monarchie ou bien l'établissement d'une dictature, oligarchie d'un système féodal...

Cependant, il peut y avoir beaucoup de formes de démocratie. Il en existe quelques-uns, il en a existé plus encore, et les possibilités sont illimitées.

D'une manière un peu plus précise, lorsqu'un Français se définit comme démocrate, c'est en général en référence à la vision qu'en avaient les philosophes des lumières : peuple souverain, présence d'une constitution, égalité devant la loi, séparation des pouvoirs et état de droit.

Déjà, si on admet cette définition pas mal de travail doit être fait dans notre pays. Toute forme d'aristocratie doit être exclue et la classe dirigeante française a, il faut l'avouer, de plus en plus de points communs avec une aristocratie (voire une oligarchie). L'état de droit n'est pas forcément assuré, car, même si on excepte certains privilèges liés à des amis haut placés, il faut avouer que la justice française ne marche plus et qu'elle peine de plus en plus à empêcher les "petites infractions" : vols, violences, harcèlement ...

La souveraineté du peuple français est soumise aux informations qui leurs parviennent et la séparation des pouvoirs n'est pas assurée. La constitution, même si elle est bien présente, n'est pas parfaite et elle pourrait comporter certains articles supplémentaires.

De plus de cette acceptation particulière du fonctionnement de la démocratie, être démocrate en France, en tant que membre d'un courant politique, c'est adhérer aux valeurs de la république : liberté, égalité, fraternité.

Némo a définit des trois termes, mais ma définition est légèrement différente.

La liberté, pour moi, c'est l'état de droit et la liberté individuelle. Chacun doit être libre de faire ce qu'il veut, à partir du moment ou sa liberté ne nuit pas à celle d'un autre et la loi doit donc être respectée par tous, car elle est le carcan qui définit dans quelles conditions nous sommes tous les plus libres possibles. Certaines position libertaires sont donc incompatibles avec cette liberté républicaine. Par exemple le piratage informatique, s'il semble pour certains une expression de la liberté individuelle, empêche certaines personnes de profiter pleinement de leur travail. Le non-respect du code de la route, sous prétexte d'être libre de faire ce qu'il nous plaît, nuit à la sécurité des autres. L'ultra-libéralisme comme certains l'appellent, c'est-à-dire la position selon laquelle on devrait laisser les entreprises faire ce qu'elles veulent, doit toujours être soumis au respect de la loi. La libre circulation des marchandises est une bonne chose, si les conditions écologiques et sociales pour son application sont réunies. Quant à la position de certains libéraux, qui considèrent que réduire les impôts est la principale nécessité, je ne la partage pas.

L'égalité, second principe de la devise de la république, est donc la condition à l'application de la liberté. De même la vision de l'égalité est particulière. L'égalité collectiviste nuit généralement à la liberté. Chacun doit pouvoir gagner le fruit de son travail, essayer un métier si cela ne met personne en danger, dépenser, conserver ou investir son capital à sa guise. De même l'égalité implique que les élus n'aient pas de privilèges, que l'accession aux responsabilités soit possible pour tous et donc que la candidature à des élections soit facilitée et la proportionnelle généralisée.

Le troisième principe, la fraternité, est lui aussi conditionné. Chacun doit participer à l'aide collective aux personnes en difficulté, mais dans le respect de l'égalité, sans injustices.

Être démocrate serait donc être partisan d'une juste application et d'un juste équilibre entre ces principes, dans le cadre de l'état de droit, de la séparation des pouvoirs et de la souveraineté du peuple pleine et entière.

Ensuite une question me taraude : quelle est la différence entre un démocrate et un républicain en France. Némo soutient que les démocrates sont des républicains. Je n'en suis pas sûr. En France le courant républicain est un courant qui défend les mêmes valeurs que les démocrates, mais souvent qui a des idées différentes à propos de l'Union Européenne. Je pense que des républicain seraient plutôt pour un modèle confédéral, permettant à la France de garder toute sa souveraineté, bien qu'ayant des liens serrés et des politiques communes avec ses voisins. La sphère républicaine, qu'elle soit de droite ou de gauche, sera plus nationaliste. Les démocrates ne verraient pas d'inconvénient à un fédéralisme, à condition que les institutions soient démocratiques, de même que les démocrates ne verraient pas d'inconvénient à l'établissement d'un état fédéral en France, à une gouvernance mondiale, ou toute autre organisation politique où les droits du peuple et sa souveraineté serait respectée (du moins dans l'absolu, même si sur certains dossier ça ne peut pas être le cas de tout le monde).

Les républicains seraient donc des démocrates, partageant les mêmes valeurs, mais ayant des revendications supplémentaires (unité et indépendance de la République Française, quelle que soit la situation). Du coup je serais plutôt républicain que démocrate, bien que modéré.

J'aimerais bien avoir l'avis de Némo sur ce point particulier, ainsi que des autres bloggeurs qui pourraient répondre à cette chaîne.

Par contre, n'ayant pas beaucoup de temps pour parcourir tous mes blogs préférés, et comme mes cibles favorites n'ont pas forcément le temps de répondre à toutes les chaînes que je leur envoie, je me contenterais de laisser tous ceux qui le souhaitent parmi mes lecteurs répondre à cette chaîne (et à la prochaine aussi). Je vous rétrotagguerais afin que l'intégrité de la chaîne soit respectée.

jeudi, octobre 29 2009

Europe : et si on arrêtait de mettre la charrue avant les boeufs ?

European_flag_outside_the_Commission.jpgAujourd'hui, comme le traité de Lisbonne a été accepté (bel exemple de démocratie soit dit en passant), les Européens se demandent quel type de président nous devons avoir pour l'Europe.

Moi je me demande une chose : avant de désigner un président, si on définissait enfin ce qu'est l'Union Européenne. À quoi doit elle servir ? Une fédération ou une confédération ? Un pays composé de plusieurs états membres, ou une alliance resserrée d'états indépendants. Dans le premier cas comment comptent ils faire avec douze nouveaux états membres qui ont seulement une vingtaine d'années d'indépendance réelle et qui ne veulent pas abandonner leur souveraineté tout de suite. Dans le second cas, comment vont ils faire pour que l'Europe ait une voix qui compte malgré les dissonances internes ? Quelle sera la voix de l'Europe ? Celle de la majorité des états membres ? Imaginez pour la guerre en Irak, aurait-il fallu que la France envoie ses troupes parce que la majorité de l'Europe le voulait ? Celle de son président ? C'est encore pire !

Pour que l'Europe ait une voix qui compte au niveau international, il faut aussi que celle-ci ait d'autres atout que son économie pour parlementer. La diplomatie c'est bien, l'argent aussi, mais si l'Europe veut vraiment compter au niveau international, il faudrait qu'elle puisse brandir d'autres menaces que le retrait de ses subventions. Une diplomatie Européenne a besoin d'une armée Européenne capable de constituer une force d'interposition et de persuasion. Et un président européen à besoin d'une diplomatie européenne pour épauler son action internationale.

Je vois tout de suite poindre les critiques de la part des souverainistes, mais avoir une armée Européenne efficace ne signifie pas forcément abandonner la souveraineté de la France. Dans un contexte confédéral, il suffirait d'imposer aux états membres (ou seulement à ceux souhaitant participer aux forces armées le cas échéant) de mettre en commun leur recherche, une partie de leur administration et imposer un effectif minimal aux armées nationales en fonction de leur population et/ou de leur PIB. L'armement européen a en effet beaucoup de retard sur les USA, un seul porte avion est opérationnel en Europe, le résultat des programmes concurrents Eurofighter / Rafale est une perte d'argent inutile, argent qui a beaucoup manqué au développement des drones européens. La force de frappe nucléaire Européenne est ridicule, alors que deux états membres siègent de manière permanente au conseil de sécurité de l'ONU. L'armée française est une des plus touchées par cette baisse d'efficacité. Seul un tiers des char Leclerc serait opérationnel, la France ne peut envoyer que deux hélicoptères en Afghanistan (bientôt dix certes), le coût du développement des frégates françaises n'est pas maîtrisé, et tout le monde se souvient des tribulations du porte avion Charles de Gaule. La mise en commun des développements d'armement pourrait réduire largement les coûts des armements nationaux et à budget égal, l'Europe pourrait avoir un armement bien plus important. Le budget militaire européen représente 40% de celui des USA, mais l'armement européen est loin d'être à la hauteur.

Un état major européen rassemblant les représentants des états majors des états membres, pourrait se charger d'harmoniser la présence militaire européenne à l'échelle internationale, en tenant compte des désirs des différents états membres. En ce qui concerne la diplomatie, elle a bien besoin d'être harmonisée elle aussi.

Une ambassade européenne par pays, en lieu et place de toutes les ambassades existant actuellement serait une bonne solution pour rationaliser la représentation internationale de l'union. Ces ambassades pourraient abriter un ambassadeur européen, une administration chargée de régler les problèmes des ressortissants des états membres et éventuellement un ambassadeur de chaque pays qui le souhaite. On n'obtiendrait ainsi aucune perte de présence au niveau mondial, on aurait un coût diminué et donc la possibilité pour chaque pays d'avoir une représentation internationale bien plus étendue.

Alors, je ne pense vraiment pas que le nom du futur président de l'union soit réellement important, tant que rien n'est fait pour que sa voix soit importante au niveau mondial. À l'intérieur de l'union, un tel président aura il vraiment une importance face au couple franco-allemand et aux tractations entre ministres ou commissaires ? J'en doute.

mercredi, juin 10 2009

Le MoDem appelle à contrer Barroso

European_flag_outside_the_Commission.jpgCa y est, Bayrou à annoncé à la sortie d'une réunion du bureau exécutif que le modem soutenait, et proposerait à son groupe au Parlement Européen, une candidature alternative à Barroso. J'avais déjà parlé du résultat des européennes dans ce billet, et j'y avais parlé de l'éventualité d'un candidat centriste à la présidence de la commission. C'est en bonne voie, et le MoDem a proposé la candidature de Guy Verhofstadt, par exemple.

Une alliance entre le PSE, les verts et l'ALDE représentent en tout 316 députés (en comptant le Parti Démocrate Italien), soit une cinquantaine de plus que le PPE.

C'est une bonne nouvelle pour tout ceux qui ne veulent pas de Barroso à la présidence de la commission, mais cette position sera difficile à faire adopter à tous les députés. Graham Watson, actuel président du groupe ADLE, serait prêt à soutenir Barroso contre une place de président du Parlement Européen. Les socialiste espagnols avaient, dans un premier temps, envisagés de soutenir Barroso également.

Une telle alliance rassemblée pourrait avoir une majorité (pas absolue, mais cela n'est pas nécessaire), mais la moindre défection la rendra inutile. Il reste donc à savoir si ces trois partis arriveront a se mettre d'accord, et si le PPE ne bénéficiera pas de soutient autres, comme les conservateurs britanniques dont j'ai parlé dans un article précédent.

samedi, mai 9 2009

Clip du cdh

Je continuerais à vous communiquer les clips de Bayrou quand je les aurais tous regardés, mais voilà celui du cdh, le centre démocrate humaniste belge.

Ce parti ne possède qu'un parlementaire européen, qui siège au PPE, mais ses valeurs semblent proches des nôtres. Je vais essayer de me pencher un peu plus sur eux.

lundi, décembre 22 2008

Le réchauffement climatique : faisons le point

TerreJe vous propose ici une compilation de mes billets sur le réchauffement climatique, que je pourrais éventuellement mettre à jour en cas de nouveautés.

Vocabulaire

Déjà le mot réchauffement climatique n'est pas forcement le plus adapté. Certes le climat se réchauffe globalement, mais je préfère parler de changement, ou bien de déséquilibre climatique anthropique. Pourquoi ? Tout simplement parce que l'homme modifie le climat, mais le climat varie aussi naturellement. Nous précisons donc, en parlant de déséquilibre anthropique, que nous ne nous intéressons qu'à la partie du changement provoquée par l'homme, je parlerais brièvement des variations naturelles.

Quelles preuves de ce déséquilibre ?

Voilà la partie la plus sujette à débat. Existe il des preuves du changement ? Je vais d'abord commencer par vous parler des changements naturels du climat. En effet celui ci n'est pas constant et à toujours varié au cours des âges. Il existe plusieurs échelles de variation. La première, bien connue, est l'échelle annuelle, due à la position de la Terre autour du soleil, qui entraîne les saisons.
Une autre échelle de variation est celle de l'activité solaire. Le soleil connaît des cycles d'activité de 11 ans, les périodes de forte activité solaire globale sont caractérisées par la présence de taches solaires nombreuses, taches qui paradoxalement sont plus froides que la surface solaire, mais qui indiquent un réchauffement global du soleil. Des variations plus importantes de ce cycle solaire semblent exister, et certains avancent qu'elles seraient à l'origine de la mini ère glaciaire qui à eu lieu à la fin du moyen âge, et plus particulièrement des épisodes du XIX ème. D'autres phénomènes peuvent toucher le climat sur de courtes périodes de temps, comme la chute de certains météores ou les éruptions volcaniques.
Il existe ensuite des variations sur des échelles de temps plus longues, en dizaine de milliers d'années, due aux variations d'orbite de la Terre. Ces variations sont à l'origine de la succession d'épisodes de glaciation/réchauffement, qu'ont connu nos ancêtres préhistoriques. D'après ce modèle, nous serions aux portes d'une ère glaciaire.
Enfin, il existe une échelle naturelle encore plus longue, due à la dérive des continents, et aux variations de gaz à effet de serre. Ce sont ces phénomènes qui expliquent des variations telle que, par exemple, celle qui à entraîné l'apparition des dinosaures au début de Mésozoïque.
La conjonction de tous ces phénomènes entraîne ce que nous pourrions appeler les variations normales du climat, avec des effets d'amplification ou d'annulation de certains phénomènes, plus des variations locales diverses.

Plusieurs indicateurs sont disponibles pour étudier ces variations : le principal est l'étude de carottes polaires. On effectue des prélèvements de glace dans les pôles, à différentes profondeurs, et on récupère les bulles de gaz emprisonnées. Connaissant l'âge de ces bulles, on peut en déduire la composition en gaz, et donc par extension le climat. Les témoignages écrit sont aussi utilisés pour les derniers siècles, et les mesures directe pour les dernières décennies. La géologie est utilisée pour les temps plus anciens, certain types de roches ne se formant que dans certaines conditions de température ou d'humidité. L'étude des climats des autres planètes aide également à la compréhension du climat terrestre.
Ces phénomènes étant complexes, il n'est pas étonnant que de nombreux aspects en soient contestés par diverses personnes. Ce qui est communément accepté est que nous sommes dans une périodes globale plutôt froide par rapport aux temps géologiques (c'est à dire par rapport aux dinosaures), mais dans une période plutôt chaude de cette période froide.

Passons donc aux variations climatiques anthropiques. Le climat varie en fonction du temps, et le taux de CO2 varie en fonction du climat. Plus il fait chaud, plus l'océan libère de CO2, et son taux augmente. En revanche, plus il fait froid, plus l'océan absorbe de CO2, et plus son taux baisse. Nous pouvons donc étudier le taux de CO2 aux cours des derniers milliers d'années pour observer les variations de climat.
Evolution_du_CO2_depuis_400_000_ans.JPG Ce que l'on peut voir ici nettement, avant de voir l'activité humaine, c'est les variations du taux de CO2 dues aux variations climatiques cycliques (dont je vous ai parlé plus haut). On peut voir aussi que, si on compare notre situation aux anciens cycles, on aurait été au bord d'un refroidissement climatique si le réchauffement dû à l'activité humaine n'était pas intervenu. Cela aurait entrainé une diminution du taux de CO2.

Notez bien que l'échelle du taux de CO2 ne commence pas à 0, et que le taux de CO2 n'a augmenté "que" de 100 ppmv (parties par million en volume, c'est à dire millionièmes du volume total atmosphérique). cela semble minime mais correspond à une augmentation de 30%. Cette augmentation est sans aucun doute due à l'homme, principalement aux combustion d'énergies fossiles.

Le taux de CO2 augmente donc, mais est ce la conséquence du réchauffement des températures que nous sommes en train de constater ? En effet je vous ai dit que les variations de CO2 suivaient celle du climat. Le problème est que ces variations suivent de plus d'un siècle celles de la température. En effet, l'océan connaît un phénomène de tapis roulant. L'eau, froide et salée, plonge sous les océans au niveau des pôles, avant de remonter beaucoup plus tard. Au moment où elle remonte, si la solubilité du CO2 à augmenté par rapport au moment où elle à plongé, elle captera plus de gaz, si cette solubilité à diminué, elle libérera du gaz. Le CO2 étant un gaz à effet de serre, il entraîne également une augmentation de la température.

La preuve que l'augmentation des températures est due à l'effet de serre est que l'atmosphère ne se réchauffe pas de manière homogène. Si vous regardez le schéma ci contre vous pouvez voir que l'atmosphère est divisée en plusieurs couches, ces couches ont été classifiées en fonction des conditions de température et de pression. Celle où nous vivons est la troposphère, qui s'étend sur une dizaine de kilomètres de haut, elle est surmontée par la stratosphère. Si le réchauffement climatique est dû à une modification des rayonnement solaires, les deux couches se réchaufferont, car elles recevront toutes deux plus de rayonnements. En revanche si le réchauffement est dû à l'augmentation de l'effet de serre, les températures augmenteront dans la troposphère, car les gaz à effet de serre s'y concentrent, et diminuera dans la stratosphère, car celle ci recevra moins de rayons infra rouges de la surface.

Atmo_camadas.png

Or, actuellement, c'est le second cas qui est constaté, la température de la stratosphère diminuant. Reste à savoir si cette augmentation de l'effet de serre est due aux activités humaines. Elle est conjointe avec l'augmentation des gaz à effet de serre, et la corrélation ne fait ici aucun doute. Mais est ce que ces gaz sont dus à l'homme ?

La réponse est donnée par la composition isotopique du carbone. Je m'explique, il existe différents atomes de carbone, qui sont caractérisés par le nombre de leur neutrons, tous les atomes de carbone possédant 6 protons. Le carbone 12, le plus courant possède 6 neutrons, le carbone 14 en possède 8 (le numéro atomique est la somme des deux si vous me suivez). Le carbone 14 n'est pas stable, mais se désagrège en quelques milliers d'années, il est produit par des réactions dans la haute atmosphère entre l'azote 14 et des rayonnements solaires, un proton se transformant en neutron. La réaction inverse se produit ensuite au bout d'un temps médian de 5700 ans, c'est un type de radioactivité.

Donc le carbone 14 est produit par les rayons atmosphériques et son taux est stable dans l'atmosphère, où les réactions de créations et de destruction se compensent, mais est quasi nul dans les gisements de pétrole et de charbon, le carbone présent datant de plusieurs millions d'années. La libération en masse de gaz venus des hydrocarbure à modifié le taux de carbone 14 dans l'atmosphère, la création de carbone 14 dépendant du taux d'azote, qui lui varie très peu. Ainsi on arrive a savoir précisément que l'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère n'est pas due par exemple à une baisse de la photosynthèse, mais bien à la combustion des hydrocarbures. Si le réchauffement était dû aux rayonnements solaires, le taux de carbone 14 augmenterais dans l'atmosphère, car le nombre de réactions augmenterais.

Les risques d'amplification

Nous avons donc une variation naturelle du climat, tendant vers un refroidissement dans quelques milliers d'années, et un réchauffement anthropique, à l'échelle du siècle. Très bien me direz vous, tout cela va s'annuler et tout ira bien. Ce n'est malheureusement pas si simple.
En effet, le phénomène de tapis roulant dont je vous ai déjà parlé entre en jeu, et le taux de CO2 risque d'augmenter un peu plus. Mais ce phénomène est difficilement prévisible, car jusqu'ici les cycles se déroulaient avec un taux de carbone stable échangé entre les océans et l'atmosphère, ce qui n'est plus le cas. En revanche un autre gaz à effet de serre pose problème : le méthane.

Le réchauffement risque d'entraîner la disparition du permafrost, sol gelé toute l'année en profondeur présent dans les régions subpolaires. Or ce permafrost est un réservoir de méthane, qui vient de la digestion des déchets organiques par certaines bactéries. Or, le méthane est aussi un gaz à effet de serre, dont le taux dans l'atmosphère augmente aussi à cause des activités humaines.

Frozenground.gifVous pouvez voir en violet ici les zones de permafrost. Leur surface est très importante et leur dégazage pourrait entraîner un véritable emballement de l'effet de serre, entraînant une augmentation de plusieurs degrés de la température moyenne de la terre, qui est je vous rappelle d'un peu plus de quinze degrés. De plus, des hydrates de méthane (c'est à dire du méthane emprisonné dans de l'eau) sont aussi présents dans les fonds sous marins. L'augmentation de la température devrait aussi les libérer.

Bref, nous avons encore beaucoup d'incertitudes sur l'évolution des températures à venir, mais les prévisions ne sont pas rassurantes. Plus nous faisons des progrès dans ce domaine, plus les risques sont visibles et plus les portes de sortie deviennent petites. La seule solution serait de ralentir fortement nos émissions, pour donner aux scientifiques le temps de parfaire leurs études.

Quelles solutions ?

Quelles sont les solutions pour empêcher le dérèglement anthropique ? Il n'y en a que très peu. Le nucléaire semble à première vue une bonne solution, mais à première vue seulement. Il y a des dangers, aujourd'hui stabilisés, mais qui pourraient augmenter si le nucléaire était diffusé dans tous les pays de la planète, ce qui semble être le cas aujourd'hui. De plus, le nucléaire n'est pas viable massivement et sur le long terme, car les ressources sont faibles. Et il reste le problèmes des déchets.

La fusion nucléaire est une solution élégante, mais qui va mettre très longtemps à nous parvenir, son utilisation massive est donc peu probable. Elle constituera uniquement une énergie moins chère pour nos descendants, mais pas une solution contre le réchauffement.

Reste donc les énergies renouvelables. Elles sont chères, mais ce sont les seules qui nous restent. Ici de nombreuses solutions existent, adaptées à différents contextes. L'éolienne est plus adaptée offshore qu'au milieu des habitations. Le solaire est mieux sur les toits que dans des centrales, principalement sous la forme de chauffe-eaux, mais aussi de photovoltaïque. Les tours aérogénératrices sont une solution prometteuse, en cours d'essai. L'impact des hydroliennes sur la vie marine doit être étudié, les barrages hydroélectriques doivent être placés dans des endroits adaptés, pas sur les grands fleuves.

C'est également toute la consommation d'énergie qu'il faut revoir, surtout l'isolation et la climatisation passive, qui sont des solutions qui doivent être généralisées. La consommation d'électricité devra baisser, ce qui doit être une priorité de la recherche en électronique. Les véhicules ne doivent plus utiliser d'énergies fossiles. L'électricité, l'air comprimé doivent être généralisés, l'hydrogène pourrait être une solution dans certains cas, le transport par train doit être favorisé. Pour les pays pauvres, l'utilisation d'énergies propre doit être une priorité, et l'aide au développement doit être axée dans ce sens.

L'extraction du carbone de l'atmosphère doit aussi être envisagé, principalement par voie naturelle, c'est à dire l'agriculture. La plantation massive de forêts, puis l'utilisation du bois pour la construction et dans l'industrie est une bonne solution pour agir, petit à petit dans ce domaine. Des méthodes plus industrielles de stockage, que ce soit mécanique ou via les biotechnologies, ne doivent pas être mises de cotés, bien que peu de solutions viables soient envisageables.

Nous devons lutter contre l'effet de puit thermique des agglomération, où la chaleur augmente très rapidement et provoque des canicules. Pour cela les toits verts seraient une bonne solution, l'augmentation locale de l'albédo est nécessaire, afin d'éviter que les canicules locales s'ajoutent au réchauffement climatique. Les surfaces goudronnées doivent être réduites au maximum (pourquoi pas grâce aux parkings souterrains, et la quantité de verdure dans nos villes doit augmenter.

Ce qu'il faut bien garder à l'esprit est que l'écologie est aussi économique, si on développe des technologies adaptées. Non seulement cela permet de développer de nouvelles activités, mais faire des économies d'énergie permet aussi de répartir des capitaux destinés à la production énergétique ailleurs et d'augmenter le pouvoir d'achat, et donc de développer l'économie. Des politiques éclairés devraient donc développer en priorité absolue l'écologie, et ce très rapidement. L'union européenne doit intervenir rapidement dans ce domaine, et cela doit être un axe de la campagne européenne.

images :

auteur : NASA
licence : Domaine public

source : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/99/Evolution_du_CO2_depuis_400_000_ans.JPG
licence : GFDL

d'après http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Atmo_camadas.png
licence : GFDL

source : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/4b/Frozenground.gif
auteur : NASA
licence : Domaine public

vendredi, juin 13 2008

Réaction du Mouvement Démocrate au rejet attendu du traité de Lisbonne par les Irlandais

Vu sur le site du Mouvement Démocrate

Réaction du Mouvement Démocrate au rejet attendu du traité de Lisbonne par les Irlandais

François Bayrou et Marielle de Sarnez ont réagi au rejet attendu du traité de Lisbonne par les Irlandais ce vendredi 13 juin ....

Selon François Bayrou , ce rejet probable du traité de Lisbonne par les Irlandais révèle le "fossé" qui "s'est creusé entre les peuples européens et leurs institutions". "Les Irlandais ont répondu comme beaucoup d'autres peuples européens l'auraient fait" à ce traité "encore plus incompréhensible que le texte touffu de la Constitution européenne", a déclaré à l'AFP M. Bayrou. "On a essayé de ruser avec les peuples, et de faire comme si l'Europe était uniquement une affaire d'initiés", a-t-il dit. Les gouvernements vont devoir "prendre le temps nécessaire" pour rejoindre les préoccupations des citoyens "qui ont l'impression que l'Europe est devenue uniquement une machine pour initiés purement économique et commerciale, et qui ne les protège pas dans les difficultés des temps". Les citoyens "ont le sentiment de n'être au courant de rien de ce qui se décide et se discute", a-t-il ajouté. "Je suis certain qu'ils pensent dans leur grande majorité qu'il faut une Europe dont la voix soit aussi crédible et influente que celle des Etats-Unis ou de la Chine. Mais ils veulent que ce soit leur voix", a déclaré François Bayrou. Il faut élaborer pour l'Europe un traité "court, simple, lisible, compréhensible par tous et soumis à référendum", a-t-il encore indiqué, reprenant la thématique développée pendant la campagne présidentielle.

De son côté, Marielle de Sarnez déclare : "C’est un événement très important qui ne peut pas être ignoré ou contourné et qui aura des conséquences lourdes pour l’avenir immédiat. Un fossé s’est creusé entre les peuples et l’Europe. C’est à cette question qu’il faut répondre. On ne peut plus continuer d’ignorer ce qui est ressenti comme un déficit démocratique. Ceci oblige à trouver pour l’Europe des réponses nouvelles qui prennent en compte les inquiétudes des peuples et les défis des temps."

Personnellement, je suis tout à fait d'accord avec François Bayrou. J'irais même jusqu'à dire qu'il nous faut une constitution élaborée par le parlement européen, et voté par référendum européen. Les pays l'adoptant feront partie de l'Europe enfin définie, quand aux autres ils faudra trouver un compromis leur permettant une association économique sans faire partie de l'Europe politique.

dimanche, juin 8 2008

Qu'allons nous faire de l'UE?

Jeudi se tiendra en Irlande le référendum dans lequel les irlandais se prononceront sur le traité de Lisbonne. Apparemment le oui l'emporterais d'une très courte avance mais rien n'est joué.

L'Irlande et le seul pays Européen qui ratifiera (ou pas) le traité par référendum. On voit bien que notre union marche d'un manière terriblement démocratique. Le traité devra apporter plus de démocratie, mais ce n'est pas lui qui nous apportera de grandes avancées. Je pense que la seule chose pour que l'Europe soit démocratique et pas technocratique comme actuellement, ce serait d'avoir des instances totalement élues.

Le gros problème de l'Europe actuellement, c'est que personne ne sait vraiment ce qu'on va en faire. On a fait rentrer des dizaines de pays dans l'UE sans savoir ce qu'on en ferait. Nous avons une gigantesque bureaucratie qui est en train de se former et elle commence déjà à rouler par elle même, sans avoir de compte à rendre à personne. Les dirigeants en profitent pour accuser l'Europe de tous les maux et les peuples s'éloignent de plus en plus de l'Union.

Que voulons nous faire de cette Europe, et comment allons nous y parvenir? Le modem et le PDE doivent y apporter une réponse. Personnellement, je pense qu'il ne peut exister une Europe, mais seulement des Europes. Il faut dissocier l'Europe politique et l'Europe économique. Je pense que les pays qui veulent entrer dans la zone Euro devraient pouvoir le faire sans autres contraintes que des contraintes économiques.

De même, les pays qui souhaitent s'associer plus étroitement devraient aussi pouvoir le faire, et les instances politiques devraient être élues démocratiquement. De même, si plusieurs groupes de pays veulent exister séparément au sein de la zone Euro (comme par exemple une union des pays méditerranéens, d'Europe de l'est, de l'ouest, du nord, du sud, des petits pays, des pays laïques, catholiques ou de n'importe quoi d'autre), elle devrait pouvoir exister. C'est uniquement dans ces conditions qu'on pourrait continuer d'accueillir de nouveaux états membres. Si nous voulons une Europe forte et unie, nous ne pouvons laisser croire à des pays comme la Turquie ou la Géorgie qu'ils pourront adhérer à l'Union alors que les peuples d'Europe ne les veulent pas.

Edit : A ce propos, voici l'excellent discours de Francois Bayrou sur l'Union Européenne. http://www.dailymotion.com/video/x5pomy_francois-bayrou-convention-europe-c_news