Blog de Vincent15 pour une société durable et républicaine

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vendredi, octobre 30 2009

Identité nationale

Lar9_philippo_001z.jpgLa majorité lance un grand débat sur l'identité nationale. Que signifie être français aujourd'hui ? J'ai quelque chose à dire à la majorité : l'identité nationale ne se définit pas, elle est et c'est tout. L'identité nationale ne nous appartient pas, elle appartient pour moitié aux générations de français qui nous ont précédé et pour moitié aux générations qui vont nous suivre. La France c'est avant tout un passé et un avenir. Être français c'est admettre faire partie des héritiers des premiers, et préparer la vie des seconds.

Qu'est-ce que la France ? La France est un pays né de l'effondrement de l'Empire Romain et du mélange de cultures qui en a résulté. Un socle gallo-romain, une aristocratie germanique, un territoire cloisonné par les Pyrénées, les Alpes et le Rhin et mille années d'Histoire avec des brassages de population divers et variés, voilà ce qui a donné la France. Être français, est-ce descendre d'ancêtres français ? Je pense que personne ne peut assurer en France qu'il descend en majorité des Franc. Même l'auto-proclamé duc d'Orléans ne peut se prétendre français de pure souche.

Le président parle de la terre, qui serait un élément déterminant dans l'identité nationale. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ca veut dire que les personnes qui ne sont pas attachés à la terre ne sont pas français ? Ou encore qu'être français c'est vivre en France ? Dans le premier cas, je n'ai aucune racine précise, étant descendant d'immigrés et de travailleurs plutôt nomades. Dans le second cas, les expatriés ne sont plus français et les immigrés le sont ? Je pense que c'était plus des paroles en l'air pour faire plaisir aux agriculteurs qu'autre chose.

Alors qu'est ce qu'être français ? Pour moi être français c'est avant tout respecter les valeurs de laRépublique française, celles qui sont inscrites dans la constitution. La liberté, l'égalité, la fraternité, la laïcité en font partie, ainsi que l'attachement aux droits de l'homme. Le droit du sol ou le droit du sang ne sont pas suffisant à mon avis, avis partagé par l'hérétique qui propose une citoyenneté à points. C'est une bonne idée, pas parfaite, peut être pas applicable à tout le monde, mais je n'en vois pas de meilleure et ça peut constituer une bonne piste de réflexion pour l'acquisition de la nationalité.

Le débat sur la citoyenneté peut difficilement être séparé de celui sur l'immigration et à propos d'immigration, il y a pas mal d'erreurs commises par notre pays. Premièrement, il faut bien distinguer immigration de peuplement et immigration de travail, ce qui n'est pas toujours le cas. Je pense qu'on ne doit pas forcer un étranger à devenir français s'il veut travailler en France, car sinon les gens ne demanderons la nationalité que pour cela. Un étranger doit pouvoir devenir français s'il le souhaite vraiment et qu'il ait besoin de passer un "examen" pour cela, je trouve ça normal. Après, en ce qui concerne l'intégration, elle se fera toute seule si on règle les problèmes de manque mixité sociale et d'égalité républicaine. L'intégration des enfants d'immigrés se fait avant tout à l'école, celle des immigrés au travail (avec éventuellement des passages à l'école pour eux aussi), mais pas dans les ministères.

Je proposerais aussi de cesser d'autoriser la double nationalité. Franchement, je suis sûr que je vais choquer, mais je trouve que ça ne rime à rien. Peut on être français et d'une autre nationalité en même temps ? Je pense qu'il faut apprendre à choisir. Je suis d'accord pour accorder la nationalité française à des étrangers, pour donner la double nationalité aux mineurs, mais il faut que l'acquisition définitive de la nationalité française entraîne la perte de l'autre. Je comprends très bien qu'on soit attaché à ses racines, je suis fier des miennes personnellement, mais je ne vois pas pourquoi on devrait officialiser ça. Bien sûr il faudrait accorder des avantages pour obtenir une carte de séjour quand on a de la famille française, accorder des facilités de retour à la nationalité française pour ceux qui l'ont perdu et assurer des droits à peu près équivalents aux étrangers en France, à quelques exceptions près comme le vote pour les législatives, les présidentielles et les régionales.

jeudi, avril 24 2008

El dorado et réequilibrage climatique

Voici encore une actualisation d'un ancien billet. Je traiterais plus tard et plus en détail la séquestration du carbone d'une part, et le BRF, une technique pour améliorer les sols durablement sous nos latitudes d'autre part.

Mon histoire commence en 1541, Francisco de Orellana, explorateur Espagnol, explore l’Amérique du sud, accompagné de plusieurs centaines d’hommes. Gaspar de Carvajal, missionnaire dominicain, relate le voyage. L’expédition découvre un grand fleuve qu’ils nomment amazone, car ils auraient été attaqués par des femmes guerrières (peut être des hommes aux cheveux longs, les amérindiens n'étant pas très poilus). Ensuite ils découvrent un pays très fertile et très peuplé en bordure de ce fleuve, avec de grandes villes fortifiées et des chefs ayant un système de relations complexes, semblables aux féodaux européens de l'époque.



Une coutume des indiens Chibcha, vivant à plusieurs centaines de kilomètres de là dans les andes, était de recouvrir de terre jaune et de poussière d’or leur nouveau souverain, qui se baignait ensuite dans un lac, symbole de renaissance semblable à celui du baptême.

Ces deux histoires, parvenues aux oreilles des Européens, eurent tôt fait de se mélanger pour n’en faire qu’une, l’Eldorado, paradis perdu au fond des Amériques où l’or est partout présent et où le peuple vit dans l’opulence (très bien illustré dans Candide d'ailleurs). Et les Européens se mirent en quête de ce pays (pour le piller probablement).

Malheureusement (pour eux) ils ne le trouvèrent pas, et les récits de Orellana ne furent plus pris en compte laissant la place a des élucubrations diverses sur ce sujet.



Plus tard encore, l’étude des peuples d’Amazonie démontra que le pays décrit, de cités riches et peuplées, ne pouvait exister là bas, en effet la terre pauvre et lessivée ne pouvait nourrir autant de personnes, et les indiens vivaient à l'âge de pierre.

 Enfin c’est ce que pensaient les scientifiques aux XIXe et début du XXe siècle.



En 1870 James Orton fait état de terre noire, fertile, en Amazonie. L’anthropologue Michael Heckenberger fait l’hypothèse, dans les années 1990, que la tribu des Kuikuro, composée alors de 300 personnes seulement, était en fait beaucoup plus nombreuse auparavant, à cause de leur structure sociale complexe. Il découvre des vestiges de cités et de poteries anciennes. Des caractéristiques similaires sont découvertes chez les tribus voisines.



Des photos aériennes montrent de grands îlots forestiers au milieu des plaines dans le nord de l’Amazonie, ces îlots étant sur un terrain de terre noire particulièrement fertile.

 La convergence de ces découvertes laisse à penser qu’un peuple important avait vécu dans le nord de l’Amazonie, dans des régions plus fertiles à cause d’une terre noire particulièrement riche, puis auraient été décimés par les maladies européennes avant l’arrivée des Européens (qui ont mis beaucoup plus de temps à pénétrer dans ces régions reculées), les survivants adoptant un mode de vie semi nomade.



Bien que les études sur ce peuple soient en cours, ce qui est particulièrement intéressant est la terre noire, ou terra preta, au milieu de laquelle sont découverts les vestiges.

 Il faut savoir que les habitants de la région cultivent sur ces terres en exclusivité, que cette terre à la capacité de se régénérer, et que certains paysans vendent même de grandes quantités de terre à leurs voisins, sachant que celle-ci se reconstituera (en environ dix ans). De plus, ces terres peuvent produire environ 4 fois plus que celles alentours, sans s’épuiser d’une année sur l’autre.



Les scientifiques furent très intéressés par cette découverte, et bien que les recherches soient en cours, les premiers résultats montrent que cette terre serait produite grâce à un ensemble de micro-organismes et de vers, et serait très riche en carbone, ainsi qu'en restes de poterie.
 et en déchets ménagers (restes d'arêtes de poissons, de carapaces de tortue de déjections humaines, et probablement restes de nourritures).

En fait, les Xinguano, comme Heckenberger les a nommé, ont probablement remarqué que l’addition de charbon de bois en surface de la terre rendait celle-ci bien plus fertile, ainsi que l'addition de déchets organiques. Ce serait en fait un ver de terre, qui entraînerait ce charbon dans le sol, charbon dont la structure permettrait de limiter l’érosion et de retenir les nutriments d’une part, et de mettre en place tout un écosystème microbien et fongique qui augmenterais la production. C’est cet écosystème qui, une fois en place, assure la régénération de la terre. Les tessons de poteries joueraient aussi un rôle, au moins stabilisateur, empêchant l'érosion.



Cette découverte, et celle de terres semblables en d’autres endroits de la terre, mais en quantités largement moindre, laisse penser que l’addition de charbon de bois dans la terre, permettrait de meilleurs rendements à l’Agriculture. En effet, l’Agriculture moderne à vidé les sols de leur carbone. La confection d’engrais particuliers, uniquement composés de fumier accompagné d’un peu de charbon de bois, permettrait d’améliorer durablement les sols. (Néanmoins le charbon de bois est acide, alors que celui de la terra preta ne l'est pas). Cela pourrait être une solution pour le développement des pays tropicaux, qui sont souvent pauvres.

Terra_Preta.jpg

Certains micro-organismes pourraient peut être permettre ce phénomène sous nos latitudes, ceux de la terra preta étant tropicaux, et ayant besoin de beaucoup d'humidité.


De plus, ces pratiques agricoles pourraient représenter un avantage non négligeable : compenser, en partie, l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère. En effet, la plantation de forêt, permet d’absorber le carbone, mais la combustion du bois qui vient ensuite le libère dans l’air (notons néanmoins que le chauffage au bois est équilibré au niveau du CO2). La combustion en atmosphère confinée produit du charbon de bois, et si ce charbon, réduit en fines particules, est injecté dans la terre, le carbone sera durablement piégé. L’utilisation massive de cette technique sur les terres agricoles tropicales pourrait, à moyen et long terme, participer au rééquilibrage des erreurs du passé en matière de climat.



En conclusion on pourrait se demander pourquoi ce genre de recherches n’est pas diffusé plus largement en dehors du monde scientifique, et pourquoi de forts investissements ne sont pas réalisés dans ce domaine en occident, alors que le Japon par exemple s'y intéresse beaucoup, car la compréhension des écosystèmes du sol serait un meilleur moyen d’obtenir une agriculture durable que la dissémination de produits chimiques, ou d'OGM. On peut aussi se poser des questions sur la colonisation, qui a tellement voulu « sauver les peuples de la barbarie », quelle en est venue à ignorer leur culture qui aurait pu apporter de grandes choses aux colonisateurs.

Image : comparaison entre la terra preta et la terre amazonienne. © Copyright Rsukiennik Source :http://commons.wikimedia.org/wiki/Image:Terra_Preta.jpg image sous licence GFDL

samedi, avril 19 2008

Un modèle de développement durable pour les pays les moins favorisés ... et les autres.

Depuis la fin de la colonisation, aucun véritable modèle de développement n'a été proposé aux pays les plus pauvres, celui ci se faisant de manière totalement anarchique, les états oscillant entre le clientélisme, le libéralisme et le protectionnisme, avec des chefs d'états corrompus qui détournent les aides, des ONG voulant à tout prix être les plus présentes sur le terrain pour avoir la meilleure visibilité médiatique, des populations méfiantes face aux ancien colonisateurs voulant devenir des sauveurs. L'exemple de l'arche de Zoé est aussi caractéristique sur ce que peut donner une mauvaise gestion de l'aide humanitaire. Dans un dossier en particulier : l'ancienne Afrique Occidentale Française, la discussion avec des africains m'a appris que, plus que de la charité, ceux ci souhaitaient de nous la reconnaissance des services rendus à notre pays par les africains, et des aides rationnelles plus basées sur le partenariat. De plus, leur analyse des causes de leur sous développement est clair : c'est une mauvaise gestion de la part des dirigeants alliée à une mauvaise disponibilité des technologies et à un manque d'investissements profitables directement à la population. Cela n'est que l'avis de quelques personnes que j'ai rencontré, mais il m'a donné à réfléchir.

Pourtant, après la fin de la seconde guerre mondiale, Truman, dans le cadre de la lutte contre le communisme, disais : « il nous faut lancer un nouveau programme qui soit audacieux et qui mette les avantages de notre avance scientifique et de notre progrès industriel au service de l’amélioration et de la croissance des régions sous-développées. Plus de la moitié des gens de ce monde vivent dans des conditions voisines de la misère. Leur nourriture est insatisfaisante. Ils sont victimes de maladies. Leur vie économique est primitive et stationnaire. Leur pauvreté constitue un handicap et une menace, tant pour eux que pour les régions les plus prospères. Pour la première fois de l’histoire, l’humanité détient les connaissances techniques et pratiques susceptibles de soulager la souffrance de ces gens. » Et cela fait plus d'un demi siècle que l'humanité est, techniquement, capable d'assurer des conditions acceptables à la totalité de la population mondiale. Pourtant, visiblement, ce grand programme audacieux à vite été abandonné.

Comme nous ne pouvons pas attendre grand chose des états dévelloppés pour l'instant, j'ai réfléchi depuis un certain temps à un modèle permettant aux citoyens des pays les plus favorisés de venir en aide aux pays les plus pauvres, sans pour autant « assumer toute la misère du monde ». Un moyen de rééquilibrer peu à peu l'économie mondiale.

L'exemple des microcrédits, développés, entre autres, par le professeur d'économie Muhammad Yunus, est un exemple remarquable de développement dans ces pays : des petites quantités d'argent sont fournies à des populations pauvres et insolvables, capables de fournir une activité, des artisans principalement. Ce type de crédit possède en général des taux élevés (10-20%, et ils sont rapidement remboursés. L'avantage du microcrédit est qu'il permet à des populations trop pauvres de se sortir des cercle vicieux dans lesquelles elles sont en général entraînées. La Grameen Bank, crée par le professeur Yunus et qui a partagé avec lui le prix Nobel de la paix, et PlaNet Finance crée par Jacques Attali, sont les principaux organismes de microcrédits. L'inconvénient du microcrédit, c'est qu'il ne permet pas à des population qui manquent de formation, ou qui n'ont pas besoin de petits investissements pour améliorer leur production, de se sortir de leur difficulté. Un autre principe est celui de groupes d'auto-entraide : l'argent est prêté dans un groupe, ou chaque personne est autonome, mais si une de ces personnes échoue, le groupe ne pourra plus emprunter. Cela permet une assurance de réussite, car les gens sont obligés de s'entraider.

La solution, pour un développement plus rapide des pays défavorisés, serait justement d'allier ce type de financement à une formation par des professionnels étrangers, au sein d'organisations internationales. En clair, des financements plus importants seraient accordés à des coopératives locales, afin de bénéficier de moyens plus lourds,une formation serait assurée et une exigence de rentabilité serait imposée par le donneur en échange d'une part des bénéfices pendant un certain temps. Tout cela devant être réalisé en tenant compte des impératifs du développement durable.

L'idée directrice est que l'on doit pouvoir augmenter le niveau de vie dans les pays les plus pauvres sans nécessairement réduire celui des pays les plus riches, simplement en permettant à ces pays de profiter de nos avantages technologiques pour augmenter leur production. Il faudrait aussi essayer d'éviter à ces pays de connaître une phase de croissance trop importante basée sur l'exploitation déraisonnée des ressources planétaires.

Pour donner un exemple type : dans une région agricole pauvre, où la mécanisation n'est pas encore très répandue, et où les cultures souffrent de la sécheresse et de l'appauvrissement du sol, les paysans locaux seraient aidés à se réunir en coopérative, les terres ainsi réunies seraient gérées d'une manière à augmenter la rentabilité, et cela serait financé par l'organisme donneur. Une part des bénéfices, ou de la production, serait reversée pendant une période donnée. Les financements servirons à acquérir des moyens permettant d'augmenter la production, comme l'achat de tracteurs, la construction de structures d'irrigation, etc. Parallèlement, les représentants de l'organisation pourront aider à la mise en place d'une agriculture durable, en définissant les priorités dans les investissements qu'elle réalisera, et promouvoir une agriculture raisonnée : utilisation d'énergies propres, récupération des déchets animaux, végétaux et humains pour produire des engrais et/ou de l'énergie, gestion viable de l'eau, rotation des cultures et utilisation de cultures complémentaires permettant de ne pas appauvrir le sol. L'augmentation de cette production entraînera un enrichissement de la communauté, dont tous les paysans profiterons, ainsi que l'organisation qui a investi à l'intérieur. Ces bénéfices permettrons de financer d'autres projet, entraînants d'autres bénéfices, et d'engager du personnel compétent.

L'écoulement des produits pourra être favorisé par des investissements de même type avec des industries utilisants ces produits, ou par l'installation pure et simple de celles ci si elles n'existent pas. Des banques, mutuelles, circuits de distribution et d'exportation pourront ensuite être mises en place, et tout cela entraînera des avantages collatéraux.

Le personnel de l'organisation donneuse, pouvant se composer de quelques dizaines ou centaines de personnes seulement pour un pays, devra être minimal et présent uniquement pour contrôler son investissement, et assurer les formations nécessaire. Elle se désengagera ensuite au bout du temps défini dans le contrat d'origine.

Les principales différences avec le microcrédit sont donc la mutualisation des moyens, afin de permettre, par des économies d'échelle, d'être le plus rentable possible, et le maillage du territoire, permettant d'améliorer le rendement en améliorant les techniques. L'existence d'un réseau étendu favoriserait la rentabilité en permettant aux techniques de progresser, aux marchandises de s'échanger, et aux infrastructures de s'améliorer. Cela pourrait être assimilé à une forme de néocolonialisme, et c'en est une en quelque sorte, mais raisonné et à durée limitée, et dont le but serait d'assurer une rentabilité pour les deux acteurs, l'investisseur et le travailleur.

Ce type de modèle de développement, est principalement applicable aux pays très en retard, mais pourrait aussi être utilisé pour réduire les problèmes dans les pays plus développés : mise en place de structures d'agriculture respectueuse de l'environnement, réinsertion des détenus, réduction du chômage, développement des périphéries. Cela serait possible dans tous les cas où une rentabilité suffisante pourrait être assurée mais où un investissement important et une formation seraient nécessaires, cela ne pouvant pas être fait par des banques classiques.

Le problème vient du financement de départ. Je pensais qu'au lieu d'être assuré uniquement par des dons, il pourrait être fourni par des particuliers, sous forme de participation remboursables, qui serait un investissement sans pour autant constituer un achat d'actions (à condition que cela puisse être fait légalement bien sûr). Dans l'idéal, avec un gouvernement engagé et des banques compréhensives, cela pourrait aussi être réalisé à partir d'un « livret épargne développement » dont la rentabilité ne serait pas forcement très importante, mais qui apporterait au moins aux « donateurs-investisseurs », l'assurance d'une bonne utilisation de leur argent. Dans un idéal encore plus fort, ce type de livret deviendrait plus rentable encore, afin d'engranger le plus possible d'investissements, et ils seraient gérés par une organisation dépendant d'une structure internationale, Union Européenne, ONU, OCDE ou FMI par exemple. Ce type de projet est certes difficile, mais pourrait tout à fait être réalisé par un chef d'état ou un ministre démocrate. En effet, ce modèle de développement, plutôt simple par son principe, est, à mon avis, totalement représentatif de la vision démocrate du monde : un développement durable et équitable, où la place donnée à l'humain en tant que personne serait maximale. En effet, à mon avis, le moyen de faire progresser une société et de commencer par les individus, et non de réaliser de grands investissements, qui sont nécessaires mais pas forcément prioritaires. En outre, cela pourrait représenter un levier pour une démocratisation et une stabilisation des pays les plus pauvres.

J'aimerais, afin de pouvoir améliorer ce modèle, que le plus grand nombre possible de personnes me donne son avis, ici ou sur les forums, afin de voir si cela pourrait donner un projet cohérent. De plus si d'autres personnes ont des idées sur le développement, n'hésitez pas à en discuter.

En guise de conclusion, voici quelques citation de Muhamad Younous, tirées de wikiquote, le site internet de citations de la wikiédia fondation (dont fait partie wikipédia).

Mon expérience au sein de Grameen m'a donné une foi inébranlable en la créativité des êtres humains. J'en suis venu à penser qu'ils ne sont pas nés pour souffrir de la faim et de la misère. Je suis profondément convaincu que nous pouvons débarrasser le monde de la pauvreté si nous en avons la volonté. Vers un monde sans pauvreté, Muhammad Yunus (trad. Olivier Ragasol Barbey et Ruth Alimi), éd. Jean Claude Lattès, 1997 (ISBN 978-2-253-12206-7), p. 13

Entreprendre, ce n'est somme toute rien d'autre qu'utiliser son courage et son désespoir pour faire bouger les choses. Vers un monde sans pauvreté, Muhammad Yunus (trad. Olivier Ragasol Barbey et Ruth Alimi), éd. Jean Claude Lattès, 1997 (ISBN 978-2-253-12206-7), p. 206

Il se peut que Grameen représente pour l’Europe un concept trop étrange, qu’elle remette en cause trop d’idées préconçues et de façons de faire profondément ancrées dans les mentalités. Dans les pays développés, la plus grande difficulté est de lutter contre les ravages du système d’aide sociale.

Vers un monde sans pauvreté, Muhammad Yunus (trad. Olivier Ragasol Barbey et Ruth Alimi), éd. Jean Claude Lattès, 1997 (ISBN 978-2-253-12206-7), p. 279

L’idée qu’un être jeune doive travailler dur pour se rendre utile à un employeur me paraît tout à fait révoltante. La vie humaine est trop précieuse pour qu’on la gâche ainsi à se préparer au marché du travail, pour passer ensuite sa vie entière au service d’un employeur. Vers un monde sans pauvreté, Muhammad Yunus (trad. Olivier Ragasol Barbey et Ruth Alimi), éd. Jean Claude Lattès, 1997 (ISBN 978-2-253-12206-7), p. 346