Le 30 novembre 2001, les derniers conscrits étaient libérés en France. La décision de Jacques Chirac de mettre fin au service militaire était appliquée et l'armée de métier entrait dans une nouvelle ère. Quasiment dix ans plus tard le bilan de cette transformation est positif pour l'armée, mais pas pour la société française.
Au moment où la débat sur l'identité nationale se termine sans avoir rien apporté, la question de la conscription devrait se poser à nouveau. La perte de repères de la jeunesse actuelle est je pense fortement liée à l'absence quasi-totale de formation civique (celle assurée par l'éducation nationale étant largement insuffisante). Si beaucoup de critiques étaient adressées au service militaire obligatoire il faut admettre que celui-ci avait l'avantage de faire passer dans le même creuset républicain toute la jeunesse (masculine) française. La nouvelle conscription devrait prendre la forme d'un service civil et militaire, imposé à tous les jeunes français avec le moins d'exception possible.
Chaque année, ce seraient environ 600 000 personnes es deux sexes qui seraient concernées. L'objectif de ce service serait de former des citoyens éclairés et ainsi d'assurer la cohésion du peuple français. Je pense que ce service devrait comporter une part civile et un part militaire.
Les deux premières parties devraient être :
- D'une part un service militaire qui durerait environ deux mois, et regrouperait ce qui se fait pendant la Journée d'Appel et lors de la Formation Militaire Initiale du Réserviste. Ainsi les jeunes citoyens seraient vraiment aptes à comprendre, sinon assurer, la défense de la nation.
- D'autre part une période consacrée à la compréhension des principes fondateurs de la république et à l'apprentissage poussé de la citoyenneté. Cette période pourrait être l'occasion de rappeler quelques principes de fonctionnement de la société dans un cadre non scolaire, comme par exemple le fonctionnement des institutions, le rôle de l'impôt et des prélèvements sociaux, le fonctionnement d'une association et celui d'une entreprise, avec les différents types d'entreprises. Cela pourrait être l'occasion de faire intervenir des personnes de la société civile comme des responsables d'association et chefs d'entreprises, et de faire comprendre aux jeunes que tout est (ou du moins devrait être) possible.
Ces deux premières parties devraient se réaliser dans des centres créés pour l'occasion. Les jeunes devraient y être placés de manière aléatoire afin de favoriser un brassage géographique et social.
Enfin, une dernière période de deux mois pourrait être consacré à une intégration plus « professionnelle », où les jeunes seraient placés en immersion dans un corps d'armée, dans les hôpitaux, les casernes de pompiers, commissariat ou associations selon leurs préférences. Cette période pourrait être prolongée à huit mois (ce qui donne un total de six à douze mois selon les préférences e chacun), pour que les personnes qui le souhaitent puissent acquérir de l'expérience ou tester plusieurs formes d'engagement.
Comme le proposait Thierry P. dans les commentaires, une partie de cette période pourrait être proposée à l'étranger, notamment en Europe, et les structures pourraient accueillir des étrangers en échange.
Voir le billet suivant : Rétablir la conscription : détails
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