Blog de Vincent15 pour une société durable et républicaine

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dimanche, septembre 21 2008

Dépoussiérer le sénat?

French_Senate_amphitheater_050917_162927.jpgAujourd'hui un tiers du sénat est renouvelé. Peut être est ce le moment de se poser des questions sur le rôle du sénat dans notre pays. En effet, dans la constitution de la cinquième république, le sénat n'a pas vraiment un rôle déterminant dans la vie politique, est sert plutôt de chambre annexe à l'Assemblée Nationale. Attention, je ne critique pas les sénateurs, qui font généralement un très bon travail, mais la chambre en elle même. De plus, le mode de scrutin, même s'il va légèrement changer, n'est pas le plus représentatif qui existe.

Dans ces conditions, peut être pourrions nous nous interroger sur la pertinence de conserver cette chambre, qui d'ailleurs n'est pas un modèle d'alternance politique. Je ne pense pas à supprimer le sénat, car je pense que le système bicaméral n'est pas une mauvaise chose, mais je pense que nous pourrions revoir son rôle et son mode d'élection, et celui de l'assemblée par la même occasion.

Ce que je propose, c'est d'élire les représentants du sénat au suffrage universel dans les départements, comme le sont les députés actuellement. Parallèlement, l'élection de l'Assemblée Nationale à la proportionnelle permettrait d'avoir un parlement largement plus représentatif des opinions des français. Les deux élections pourraient être réalisées en même temps, un peu comme en Allemagne, ou les mandats pourraient être de longueur différentes, afin d'amener un peu plus d'équilibre dans les pouvoirs. De plus les élections des députés pourraient soit être réalisées nationalement, afin d'être parfaitement représentatif de la population, ou dans les régions, afin d'amener un peu plus de représentativité locale, sans pour autant apporter de biais trop important aux plus grands partis.

Le nouveaux sénat garderait son rôle actuel, et pourrait de plus servir à trancher les débats si l'assemblée nationale se retrouvait bloquée sur un texte précis, les majorités seraient probablement plus fortes dans cette chambre et cela permettrait d'éviter les dérives de la quatrième république que tout le monde craint tant. Ainsi en cas de blocage mineur, le sénat pourrait débloquer la situation et en cas de blocage majeur, il resterait au président la possibilité de dissoudre l'Assemblée Nationale.

Ainsi, avec un simple réarrangement dans les modes de scrutins, et sans changer les grandes lignes de la constitution, on pourrait modifier drastiquement, et rendre plus démocratique, la vie publique de notre pays.

Ajoutez à cela la fusion des conseiller régionaux et généraux, et vous aurez un fonctionnement public bien plus efficace et représentatif que celui que l'on a pour l'instant.

image : sénat
source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:French_Senate_amphitheater_050917_162927.jpg
auteur : David Monniaux
licence : GFDL

vendredi, mai 23 2008

Pas de proportionnelle? Alors ce sera pour dans cinq ans.

La majorité à rejeté l'introduction de la proportionnelle aux élections. Cela signifie un renforcement de la bipolarisation artificielle de la vie politique, et du carriérisme. Il y aura toujours une très forte majorité d'hommes à l'assemblée, et ce seront toujours les mêmes personnes.

Seules la proportionnelle peut faire bouger les choses, dans notre pays, car cela permettra d'avoir une assemblée représentative de nos concitoyens avec des personnes de toutes sortes, et qui ne feront pas de la politique un métier. Les députés actuels ne savent faire que deux choses : gouverner dans la majorité (ce qu'ils ne font pas forcement bien) ou bien pour les autres s'opposer continuellement (ce qu'ils ne font pas bien non plus).

Les choses ne sont pas parties pour bouger, mais il nous faut défendre nos valeurs de démocrates, pour une république qui tienne compte du bien de chacun, et pas des dirigeants.

Peut être seront nous en mesure de changer les choses dans quatre ans, mais pour cela il faut faire comprendre aux français que la seule bonne manière de faire de la politique, c'est qu'il n'y ait pas de politiciens professionnels, seulement des personnes comme les autres engagées pour défendre leur idées, et qui peuvent reprendre leur place dans la société.

mercredi, mai 14 2008

Motion de procédure et changements constitutionels

Hier, à l'assemblée, l'opposition, pourtant en fimportante minorité, a pu faire échouer le projet de loi sur les OGM, en adoptant une motion de procédure. Le texte est donc pour un temps, en suspens, mais sera probablement remis sur les rails par la commission réunie par le président de l'A.N..

Alors que penser de ces évènements? D'une part, on peut voir qu'il y a là un moyen pour les députés de la majorité de manifester leur mécontentement face au gouvernement, sans pour autant être taxés de traitres : ils ne votent pas contre la loi, mais ont mieux à faire que de venir voter pour elle. Mais surtout, au moment où les débats font rage pour la nouvelle version de la constitution, cela nous montre que, alors que le scrutin uninominal à deux tours est là pour assurer la stabilité des institutions, il n'autorise pas, même avec une forte majorité, le gouvernement à faire ce qu'il veut.

Et c'est tant mieux, il faut absolument qu'il existe des contres pouvoirs et des gardes fous dans une démocratie.

Mais cela nous permet de poser la question de la pertinence des institutions en place : il y a une assemblée, élue par le peuple au suffrage universel, par un scrutin uninominal à deux tours, et un sénat, élu de manière indirecte par les élus locaux. Les députés sont en quelque sorte les représentants du peuple, au sein d'une assemblée représentative, et les sénateurs des "sages". Tous sont censés représenter d'une certaine manière la population et les territoires d'où ils sont issus.

En pratique, l'assemblée et une chambre d'enregistrement pour le premier ministre, et le sénat un espace de recyclage des vieux politiciens (j'exagère, mais vous m'avez compris).

La composition de l'assemblée nationale n'est pas démocratique, en effet, le nombre de député d'un parti politique, ou plus généralement d'un groupe aux idées proches, n'est pas égal au pourcentage de la population qu'il représente. Aux dernières élections ont le voit bien : l'UMP, qui à fait grosso modo 40% des voix, se retrouve avec 55% des députés. Le PS, qui a fait lui 25%, possède 32% des députés, le modem, avec 8% des voix, a même pas 1% des députés. Le PC et les verts, avec respectivement 4 et 3 % des votes, se retrouvent avec 2,6 et 0,7 % des députés. Le FN, avec 4,25% des voix, se retrouve avec 0 députés.

On voit donc à qui profite le scrutin uninominal : le PS, l'UMP et le Nouveau Centre. Avec une majorité de 60% et une opposition de gauche d'un peu plus de 35%.

La majorité, qui n'en est pas une pour les francais, peut alors faire voter toutes les lois qu'elle veut, y compris les lois constitutionnelles (qui nécéssitent 60% du parlement), en comptant le nouveau centre. Elle peut donc, potentiellement, faire absolument ce qu'elle veut (sauf absentéisme).

Que serait le parlement si le scrutin avait été proportionnel, passons sur le phénomène du vote utile qui n'aurait plus eu lieu d'être, et sur les augmentation du nombre de voix de certains partis (MoDem, LCR/LO, Verts, FN principalement) que cela entraînerait.

La majorité actuelle aurait 45% des voix et l'opposition de gauche 35 (mais avec une moins forte majorité du PS).

Si le gouvernement veut pouvoir gouverner, sa politique devra alors être différente, et il devrait trouver des accords, soit avec le modem (ce qui ferait une majorité de 52%), soit avec l'extrême droite (même pourcentage). J'exclue les alliances avec les autres partis car le clivage (peu pertinent à mon avis) droite gauche est bien trop ancré.

Avec une exclusion des trop petits partis et candidatures fantaisistes (on va dire pour ceux qui font moins de 1 ou 2% des voix) la majorité actuelle serait pas loin des 50% et pourrait former un gouvernement avec les alliances ci dessus ayant plus de 55% des députés (donc un gouvernement viable).

L'opposition, toujours dans le même cas, pourrait difficilement constituer un gouvernement, sauf à s'allier avec l'extrême gauche, le modem ET l'extrème droite (hypothèse purement fantaisiste).

On peut donc voir qu'un tel scrutin serait plus représentatif de l'état actuel de l'opinion publique, et qu'un vrai gouvernement d'ouverture pourrait être crée (et pourquoi pas de l'UMP jusqu'à la gauche modérée).

Quid de l'instabilité que cela entrainerait.

Allons voir chez les voisins : déjà, dans la plupart des pays à la proportionnelle, la destitution du gouvernement par l'opposition ne peut se faire sans la nomination d'un nouveau premier ministre (ou ce qui en tient lieu) par l'assemblée. Cela serait une piste à envisager, mais ça signifierais que le parlement devrait nommer le premier ministre, ce qui ne serait pas forcement une mauvaise chose. Ça évite les alliance opportuniste entre l'opposition et les extrêmes, qui votent la censure sans avoir de projet cohérent à opposer. Une solution encore meilleure est celle de l'Allemagne : le bundestag doit élire sous 8 jours un gouvernement, sinon il est dissout. Dans ce cas, les électeurs peuvent trancher.

La situation en allemagne est bonne, et une organisation ressemblante pourrait exister.

En Italie cette fois, la proportionnelle entraine des instabilités, enfin c'est ce qu'on nous dit. Si on regarde un peu plus loin, il n'y a pas que ce phénomène qui entre en jeu : Le président de la république italien n'a que très peu de pouvoirs par rapport au notre, il ne peut pas dissoudre l'assemblée, et donc ne peut pas compenser l'éventuelle instabilité qui pourrait exister. Le président du conseil, équivalent du premier ministre, ne peut pas révoquer un de ses ministre. Il dépend donc fortement du parlement. Si on ajoute à cela le fait qu'il n'y ait aucune limite à la représentation des partis et qu'il y a un fort ancrage régional des petits partis, on peut voir les causes de l'instabilité. L'introduction en 1994 du scrutin uninominal à deux tours n'a rien changé, et il a été abandonné la législature suivante.

Si on regarde les législatures en france, on peut voir que, malgrès un scrutin uninominal, il y a eu des coalitions au pouvoir (notamment RPR UDF). Une crise politique aurait très bien pû arriver. (d'ailleurs la dissolution de 1997 en est presque une).

En france bien sûr, nous avons la caractéristique d'avoir un président aux pouvoirs étendus par rapport à ceux des pays voisins, mais moins important que dans un régime présidentiel. Je pense qu'il faudrait le conserver, mais ne pas suivre la voie actuelle vers la présidentialisation issue du quinquennat. Je pense donc qu'un premier ministre nommé par le parlement et des pouvoirs étendus pour celui ci seraient une bonne solution, le président gardant son rôle d'arbitre, le pouvoir de dissoudre l'assemblée, ainsi que le référendum.

Le sénat, quand à lui, devrait être revu. Si les législatives sont régionales et proportionnelles, formule que je préfère pour garder la proximité avec le peuple et pour s'approcher de la proportionnelle totale, pourquoi ne pas élire directement les sénateurs avec un nombre de sénateur fixe par département. Ainsi on gardera l'élu proche du peuple (géographiquement), le sénateur, et l'élu représentatif, le député. Le pouvoir moins important accordé au sénat actuellement est compatible avec cette organisation.

Voilà la constitution est quasiment terminée. Reste à aborder un point philosophique : nous sommes en démocratie, le peuple gouverne (et le peuple, c'est tous les français, pas les prolétaires, les français de souche, ou toute autre catégorie artificielle, mais tous les français). La constitution actuelle est faite pour atténuer les effet de l'instabilité du peuple. C'est dans la lignée du mode de pensée actuel qui est que l'état doit tout faire à la place des gens, y compris décider à leur place de quels partis ils peuvent choisir ou non. On se dirige vers le bipartisme et l'immobilisme que cela implique.

Le sens de mon engagement politique et de combattre ce genre de choses. Le peuple est souverain, et c'est lui qui doit gouverner, s'il se plante, il pourra prendre les responsabilité de ses actes, si le gouvernement ou le parlement est instable, tôt ou tard, il faudra changer, personne ne doit décider à notre place de qui doit gouverner, même pas les élus. Les élus sont les représentants du peuple, pas des aristocrates à qui on peut ou non accorder son soutient. Nous sommes dans une démocratie moderne, pas dans la rome ou la grêce antique ni les cité italienne du moyen age. Si les gens veulent que les décisions soient prises à leur place, qu'ils aillent vivre dans une monarchie. Oui à une constitution représentative, et oui à la responsabilité des citoyens.