Blog de Vincent15 pour une société durable et républicaine

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Keyword - Développement Durable

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mardi, septembre 1 2009

Taxe carbone : suite et ... suite

Le gouvernement n'a toujours pas pris de décision sur la taxe carbone.

Le figaro annonce qu'une baisse de la CSG est à l'étude, mais à la lecture de l'article, on constate qu'aucune décision n'a été prise.

Je remarque seulement que comme je le craignait, il ne devrait pas y avoir de système de bonus-malus, ni subvention ni ticket vert, mais plutôt la baisse d'un impôt quelconque, qui devrait (théoriquement), rendre aux français autant d'argent qu'ils en paieront.

Cette mesure n'aura donc aucun impact sur le portefeuille des pollueurs, et donc à priori un impact minime sur les émissions de la France.

Sinon vous avez un très bon article sur la taxe carbone ici.

dimanche, août 30 2009

Christine Lagarde veut redistribuer les produits de la taxe carbone

Lu dans la tribune : Christine Lagarde veut redistribuer les produits de la taxe carbone, enfin, elle assure que la taxe carbone se fera à prélèvements obligatoires constants.

Ce n'est pas tout à fait la même chose, car il se peut que ce soit compensé par une baisse d'impôts et donc que ça ne soit redistribué qu'aux plus riches et aux classes moyennes, ce n'est pas précisé. C'est tout de même un pas dans la bonne direction, car on sait désormais que la taxe carbone ne servira pas à fournir un chèque annuel aux ménages en difficulté, ce qui serait une hérésie pour une taxe écologique.

Il ne reste plus qu'un petit pas à faire pour que je sois satisfait : redistribuer cette taxe à tous les Français (et pas aux plus riches ou aux plus pauvres), et s'arranger pour que la redistribution se fasse uniquement de manière à financer le développement durable, par exemple sous la forme d'un ticket vert.

vendredi, août 21 2009

Du nouveau sur la taxe carbone

A_daisy_and_two_blue_flowers.jpgJe vous fait partager une idée complémentaire à propos de la taxe carbone, que j'ai trouvée sur le blog d'Adrien Debever.

Il décrit "l'autre taxe carbone, la bénéfique", une taxe qui devrait être européenne selon lui. Sur ce point je n'ai pas d'avis particulier, pour l'instant le débat est français, mais si il devenait européen ça ne me gênerais pas.

Ce qui m'a particulièrement intéressé dans ce billet, c'est l'idée de mettre en place une échelle carbone. Tous les produits seraient classés sur cette échelle, allant par exemple de 0 à 4, du moins au plus polluant. Les niveaux supérieurs seraient les plus taxés, que la taxe soit prélevée à la base sur les entreprises où sur le consommateur, de toute façon le consommateur paiera au final. Cette idée m'intéresse car elle serait compatible avec l'idée de ticket vert, que j'ai expliqué dans le billet précédent sur la taxe carbone.

En clair les niveaux 2-3-4 seront taxés, peu pour le premier et beaucoup pour le dernier, et le niveau 0 correspondra aux produits pouvant être acquis grâce au ticket vert. Par ce système, qui sera certes assez complexe à mettre en place, mais guère plus compliqué que la TVA, on aurait vraiment une taxe carbone qui modifierais rapidement les habitudes des consommateurs, et qui aurait un effet concret sur le bilan carbone du pays, ainsi que sur le développement des secteurs renouvelables.

jeudi, août 13 2009

L'industrie automobile va mieux

Tel_Aviv_parking_lot.jpgC'est une annonce du gouvernement qui date de deux semaines, mais est passé inaperçu : l'industrie automobile va mieux. Grâce à la prime à la casse, qui a engendré un pic de consommation, et relancé le secteur. Seulement, l'industrie automobile ne va pas si bien que ça. Les sous traitant, sont en très mauvaise situation, et ne peuvent suivre face à la concurrence des pays émergents. Quoi qu'ils fassent, ils n'arriverons pas à trouver la même rentabilité. La situation sociale étant ce qu'elle est, jamais un français ne sera aussi rentable qu'un chinois.

L'industrie automobile fonctionne certes, mais sous perfusion, et elle a largement atteint ses limites. Le seul marché où elle aurait pu se développer, ce sont les pays émergents, et il faut avouer que face à Tata, les véhicules occidentaux les moins chers ne peuvent pas grand chose. En ce qui concerne le marché européen, il faut bien remarquer l'inadéquation entre la production et la consommation. Les entreprises occidentales ayant fait l'erreur de favoriser le développement de voitures confortables et chères, notamment des 4*4. Le filon à développer était les voitures bon marché (et pas trop inconfortables), et surtout peu consommatrices, dans des temps où le pétrole augmente de plus en plus.

L'industrie s'est plantée, et il faut payer pour éviter des licenciements massifs. Admettons, mais trouvez vous ça normal que ces entreprises laissent couler leurs sous-traitants, alors qu'ils sont financés par l'argent public ? Trouvez vous ça normal que les aides publiques aient été donné, sans garanties de la part des industriel pour développer des véhicules propres rapidement ?

Et tout le monde n'est pas avantagé par la prime à la casse, les casses elles-même sont en difficultés. Encore une fois, c'est un rendez vous manqué du gouvernement, qui aurait pu sauter sur l'occasion pour voir loin, mais qui ne regarde pas dans la bonne direction.

vendredi, août 7 2009

Plutôt qu'un chèque vert : un ticket vert ?

          Je vous ai parlé dans un précédent billet du chèque vert, et mon opinion à changé sur le sujet. Comme le faisait remarquer florent, une redistribution sous la forme de chèque vert, c'est à dire d'argent donné aux gens, serait une mauvaise idée, car ça n'inciterait que peu à changer de comportement.

J'ai deux remarques à faire sur ce dossier de la taxe carbone :
1 - Dans la configuration actuelle), elle risque fort de ne toucher que le bas de la classe moyenne. Les plus riches auront les moyens de se payer de quoi échapper à la taxe, et dans ce cas la taxe aura un effet positif. Les pauvres toucheront le chèque vert, et, ne pouvant pas financer de quoi faire des économies, l'effet sera nul. Le bas de la classe moyenne, les gens qui ont des emprunts à rembourser, ne pourront pas toucher le chèque vert, et n'auront pas les moyens de se payer des économies d'énergie, ils seront donc les plus touchés par cette mesure. L'intérêt est faible car c'est sur cette partie de la population que les gains significatif pourraient intervenir.
2 - Le gouvernement met un peu la charrue avant les boeuf. Il taxe les mauvais comportements sans avoir forcément d'autres solutions à proposer.

Je pense donc que le chèque vert devrait être généralisé à tous, sous forme d'aide à l'investissement, des tickets verts semblables aux tickets restaurants, mais servant à financer de quoi faire des économies d'énergie. Des produits de tout type devraient pouvoir être financés comme ça, comme des ampoules à LED, des panneaux solaires, des véhicules électriques, des billets de train et de bus, etc. On devrait pouvoir capitaliser ces bons verts (les banques seraient ravies de gérer ça). Ainsi, chacun toucherait la même somme qu'il ne pourrait dépenser que dans des économies d'énergie, et en une décennie, tout le monde pourrait se retrouver avec une somme lui permettant de se payer un véhicule propre à la place d'un véhicule à essence.

Tout le monde perdrait du pouvoir d'achat, au début, mais tout le monde comprendrait pourquoi. Les riches seront, du moins dans un premier temps, taxés plus que les autres, (par un mécanisme similaire à celui expliqué dans ce billet).

Une autre partie de cette taxe carbone devrait rester dans les caisses de l'état, mais uniquement pour mettre en place un fond d'investissement durable, permettant de prêter à taux zéro à des entreprises innovantes ou des particuliers (à voir).

mercredi, juillet 22 2009

Investir dans le développement durable

French_Senate_amphitheater_050917_162927.jpgJ'ai lu ce billet : comment je me suis fait prendre, sur génération engagées, et je vous en conseille la lecture. Ce billet nous conseille non pas de rejeter l'emprunt national proposé par le président, mais d'essayer de participer à son orientation. Contrairement à l'auteur, je ne suis pas sûr du tout que cet emprunt soit une bonne chose, mais tant qu'à faire, autant qu'il soit dépensé intelligemment, car il se fera quand même.

Je vous livre l'argument qui m'a convaincu :

Seulement voilà, deux solutions :
Ou bien l’emprunt est une réussite. Les « dépenses d’avenir » sont clairement établies, allouées entièrement à la relance, à la ré-industrialisation massive du pays dans des secteurs porteurs, à la création de pôle industriels et de recherche, à la formation des hommes.
Si l’idée est poussé jusqu’au bout, il y a fort à parier que les français, nous, irons massivement souscrire, et que l’emprunt soit d’importance.
Si nous nous opposons sans débats, sans propositions, à l’emprunt et qu’il s’avère être une bonne chose, nous aurons loupé le coche et serons dans les choux…

Ou bien c’est effectivement un coup politique en vue des prochaines élections. Les « dépenses d’avenir » ne sont que des coquilles vides et le déficit, déjà abyssal, se creuse. Nous sommes entrés dans le débat, nous avons proposé des solutions, mais Sarkozy est resté dans sa tour d’ivoire et l’emprunt se révèle n’être rien de plus qu’un soufflet mal cuit.
Alors, nous aurons toute légitimité pour lui tomber sur le coin du râble. Car il ne serait qu’un menteur éhonté qui dépense frivolement l’argent des citoyens.

Ainsi, nous avons tout intérêt à entrer dans ce débat-là.
Et si, pour une fois, l’idée était bonne ?
'Et si nous le prenions au mot ?

Je propose donc de créer un groupe de travail sur le sujet, afin que ces crédits puissent être investis dans le développement durable. Il faudrait faire du lobbying à ce sujet dans nos propres instances dirigeantes et au sein des commissions, pour qu'enfin on puisse démontrer qu'on est capables de faire de la politique autrement.

Pour ma part, je pense que l'état pourrait investir massivement pour faire des économies d'énergies dans toutes les administrations, en changeant l'éclairage, en achetant des véhicules propres, en réduisant la paperasse et en investissant dans la numérisation, en installant des panneaux solaires sur les bâtiments officiels, en améliorant leur isolation et en aidant les communes, les départements, les régions et les universités à faire de même.

Ainsi tout un tas de secteurs vont pouvoir émerger, sans que l'état ne verse d'aides directes, mais en investissant intelligemment. Les frais de fonctionnement de tout ces services de l'état vont diminuer (il y a d'autres coûts que les coûts de personnel pour aider l'état à économiser), et la population y gagnera car des fournisseurs en produits écologiques et des constructeurs spécialisés dans la haute qualité environnementale existeront.

Bien sûr il y a peu de chances que ces économies aident à financer les intérêts de ce prêt, mais ce sera ça de gagné, et au moins cet argent ne partira pas en Chine.

mardi, juillet 21 2009

Limitation des poids lourds

Alors que le gouvernement s'apprête à accepter la présence des poids lourds de 25 m en France, je me demande si cela va bien dans le sens de l'histoire. En effet, les poids lourds présentent de nombreux inconvénient.

Premièrement, ils représentent un danger sur les routes (qui n'a jamais été effrayé en voyant que le poids lourd qu'il doublait mettait son clignotant ?), pour les conducteurs, soumis à la fatigue, et qui parfois multiplient les imprudences (comme regarder la télévision en conduisant), ainsi que pour les riverains quand ils passent en ville.

Ensuite, vient la pollution qu'ils émettent, ainsi que la pollution sonore d'ailleurs, et les dégâts que leur passage occasionne. Bref, vous comprendrez que je ne porte pas ce système de transport dans mon coeur.

Alors que penseriez vous d'une loi qui interdirait un camion de parcourir plus d'une certaine distance (par exemple 500 km). Cela permettrait de favoriser le ferroutage et le transport côtier et fluvial, et de réduire les dépenses publiques d'infrastructure. D'un autre coté, les camions pourraient toujours assurer le transport de proximité, où ils sont indispensables.

Cela pourrait générer des économies de personnel pour les entreprises, qui pourraient transporter de grande quantité de marchandises entre certain points avec un ou deux routiers là où ils en auraient nécessité 5 ou 10, et les employés ne conduiraient qu'entre la gare ou le port et le point de livraison.

Bien sûr cela demande des efforts de la part de RFF et la SNCF pour les infrastructures et le service, mais pourrait être un bon moyen de profiter de l'ouverture du marché du transport ferroviaire de personnes, qui sera l'occasion de débloquer des investissements. Les entreprises de transport seraient obligées de s'adapter, soit en passant au rail, soit en gagnant des marchés au niveau local, et tout le monde devrait y gagner.

Je pense que le seul problème qu'il pourrait y avoir (hormis l'arrêt de certaines entreprises de transport, déjà mal en point et qui auront du mal à se reconvertir), c'est l'enclavement de certaines parties du territoire, où les coûts de transports pourraient exploser.

Bref, une mesure probablement difficile à mettre en place, mais que l'on pourrait tout de même étudier sérieusement non ? Qu'en pensez vous ?

lundi, juillet 20 2009

La recherche spatiale : une perte ?

Planet_Super-Venus_Sulpher.JPGIl y a 40 ans, Armstrong marchait sur la Lune, et c'était un événement planétaire. De nos jours il fait du vélo (haha, on l'avait jamais faite celle là), et de plus en plus de personnes dans les pays occidentaux estiment que la recherche spatiale est une dépense trop importante par rapport à ce qu'elle nous apporte.

Je ne vous ferait pas un discours sur ce que la recherche spatiale a apporté comme progrès pour la science et la technique, ainsi que le confort quotidien pour ceux qui ont les moyens de se le payer. Ce progrès est non négligeable, mais je tient à préciser qu'à mon avis, la recherche spatiale est nécessaire en elle même et n'a besoin de rien d'autre pour justifier des dépenses si importantes.

Dans ce blog, j'essaie d'habituer mes lecteurs à raisonner à long terme, et non pas à se focaliser sur les avantages ou inconvénient à court terme de telle ou telle politique. La recherche spatiale est le seul exemple à mon avis de domaine vraiment visionnaire qui a su s'imposer à l'ensemble de l'humanité. Les agences spatiales ont très bien su jouer sur la rivalité entre les états, et sur les risques biens réels d'attaques spatiales par une nation qui aurait trop d'avance, pour détourner une partie des fonds publics, ce dont on ne peut que se féliciter.

En effet, la recherche spatiale est nécessaire à la survie à long terme de l'espèce humaine, et c'est quand même un autre enjeu que le pouvoir d'achat de notre génération et même la survie de notre civilisation.

Une vie vulnérable

L'espèce humaine, et la vie terrestre en général, est largement menacée, et le principal risque à moyen terme vient de l'espace. Tous les siècles environ un météore de grande taille frappe notre planète ces météores sont capables de raser des régions entières. Ainsi, le météore qui a frappé la Sibérie à Toungounska à rasé la forêt sur une vingtaine de kilomètre de rayon, et occasionné des dégâts sur plus de cent kilomètres. Un petit météore de ce type est capable de raser une ville comme paris sans problème, si elle tombe à proximité, et peut occasionner un tsunami sans précédent de mémoire d'homme si elle tombe près des côtes. Un tel événement, si il arrivait prochainement, serait une catastrophe sur la plan humain, mais sans grande conséquence sur les espèces vivantes.

Cependant, des météores plus gros peuvent occasionnellement toucher notre planète. C'est ce qui a engendré la fin des dinosaures, et l'émergence des mammifères. Si un tel événement se produisait, il est probable que l'espèce humaine, si elle est prévenue un peu à l'avance, survive, mais il y aura très peu de survivants.

La recherche spatiale permet de connaître un peux mieux ces risques, et de les éviter le cas échéant. Dans l'état actuel de nos connaissances, nous sommes à peu près capables de détecter ces astéroïdes (bien que parfois après leur passage à proximité de la terre), et nous pourrions mettre en place dans quelques années des contre mesures, grâce aux progrès dans la conception de lanceurs.

Mais cela n'empêche pas que la vie terrestre soit très vulnérable. Elle a tenu environ 3,5 milliards d'années, frôlant une seule fois l'extinction totale, et subissant 5 autres extinctions massives (dont celle provoquée par l'humanité). Certains cataclysmes cosmiques comme les hypernovae pourraient rayer d'un trait de plume cette histoire plus que millénaire, et stériliser une bonne fois pour toute notre planète sans que nous puissions nous en apercevoir. Certes, cette probabilité est très faible, mais se tenir au courant du risque réel est tout de même une bonne chose non ? Multiplier les lieux d'implantation de la vie est multiplier d'autant les chances de l'humanité et de la vie de survivre.

Le but avoué de la recherche spatiale est de permettre à la vie terrestre, et surtout à l'humanité, de quitter notre fragile bolide spatial et d'essaimer dans l'espace. Je vous avoue que cette perspective, aussi lointaine soit elle, est philosophiquement, un des buts qui me poussent à m'investir, et je ferais tout mon possible (aussi modeste puissent être mes actions) pour que cela puisse se produire.

Essaimer

Ainsi, par erreur, l'humanité à déjà commencé à répandre la vie dans l'espace. Chaque sonde, chaque fusée qui nous a quitté, a été le siège d'un ensemencement involontaire par des microorganismes ultra-résistant, sous forme de spores, et il est probable que certains d'entre eux aient commencé à attendre patiemment sur Mars et la Lune que des conditions favorables à leur développement apparaissent. Qui sait si de nouveaux écosystèmes ne sont pas en train de poser des fondements pour les milliards d'années à venir ?

L'arrivée sur la Lune était une première étape de diffusion plus sérieuse. Le départ vers Mars et l'installation d'une base Lunaire, qui devrait arriver pendant ce siècle, est une étape importante. L'installation durable d'Humains, accompagnés d'espèce utiles dans, puis en dehors du système solaire, en est une autre. Dans un ou deux siècles, la vie pourrait commencer à se diffuser, augmentant le nombre d'écosystèmes, de civilisations possibles, d'oeuvres d'arts, bref, d'être humains. Sinon, l'humanité peut rester sur la Terre, replonger une fois encore dans la barbarie, et attendre patiemment qu'une apocalypse vienne plonger toute son histoire dans le néant.

Alors non, si il faut débloquer des fonds pour aider le tiers monde, ce ne doit pas être ceux de la recherche spatiale. Le développement durable, c'est penser aussi aux vies de nos descendants. Allez voir plutôt du coté de tous les corrompus qui ont saigné l'humanité depuis les origines de la civilisation, et laissez la recherche avancer.

PS : c'est aussi valable avec toute la recherche scientifique.

mercredi, juillet 15 2009

Economie numérique : comment régler le problème

Latin_dictionary.jpgSuite à mon précédent billet sur la loi hadopi, et à ce que j'ai lu chez l'hérétique, je suis sorti de ma réserve volontaire à propos d'Hadopi. Je vous livre donc un billet un peu plus précis détaillant ma vision de l'évolution de l'économie numérique.

Dualité de la consommation de produits culturels

Premier constat : la vente classique de supports commerciaux de culture est dépassée. Que ce soient les livres, les cd, les dvd, tous ces supports sont voués à devenir des objets "de luxe", pas par leur prix, mais par la manière dont il seront consommés. Posséder un support d'une oeuvre est chez certaine personne, et sera de plus en plus, considéré comme un acte fort. On achète tel cd car on apprécie spécialement l'artiste, et on souhaite avoir autre chose que l'oeuvre elle même. Pour les films, on achète le dvd pour avoir les bonus, le livret explicatif qui accompagne le film, pour les oeuvres musicales, on va acheter le cd pour avoir les paroles sous la main à tout moment, pour profiter de l'image sur la pochette, pour les oeuvres littéraires, on achètera les livres pour pouvoir avoir le plaisir de les poser sur sa table de nuit, de les lire en s'endormant. Les supports sont donc utilisées principalement pour des oeuvres qui tendront à être conservées, et que l'acquéreur va considérer comme majeures.

Pour les oeuvres mineures (ce caractère étant laissé à l'appréciation de chacun), leur consommation est plutôt jetable : on regarde le film, on écoute la musique, on lit sur son écran, puis on archive dans un coin du disque dur ou on ferme le site internet, selon notre support de consommation.

Ce mode de consommation "jetable" est pour l'instant partagé entre les oeuvres téléchargées, et celles qui sont consommées sur des sites internet spécialisés. Ces deux modes de consommation peuvent être ou non légaux. Il existe des plates formes de téléchargement légales, la plus connue étant probablement itunes, et des plates formes illégales (que je ne connais pas, je ne peux citer qu'emule, mais je pense que depuis le temps ça doit être dépassé). Itunes est cependant, de part ses tarifs, plus proche du premier mode de consommation.

De même, il existe des sites ou logiciels de consultation en direct légaux, et d'autres non. Pour ce qui est légal, on peut citer deezer, spotify, ou pour les livres wikisource ou la bibliothèque européenne. Pour la version illégale, tous les sites de partage de vidéo, les sites étant tout à fait légaux, leur contenu est téléchargé par des usagers qui versent rarement des droits d'auteurs lorsque ce serait nécessaire.

En plus de cela, il existe le monde du libre, symbolisé par la fondation wikimédia et linux (ou plus précisément gnu) principalement, mais le libre n'étant pas l'objet de ce billet, je ne m'attarderais pas. Sachez seulement que le libre peut rapporter, et qu'il peut même rapporter gros.

Prendre en compte cette dualité

Une bonne politique de développement économique et culturel moderne doit donc prendre en compte ces modes de communication, et non aller à leur encontre. Je pense que le principal problème de l'esprit de la loi Hadopi est là, si on fait fi de tous ses problèmes juridiques. La loi Hadopi oppose téléchargement légal et téléchargement illégal. Or, le téléchargement illégal est plus souvent utilisé pour des oeuvres qui seront consommées, alors que le téléchargement légal est destiné à des oeuvres qui seront conservées.

Toute politique culturelle devra prendre en compte cette opposition entre deux modes d'utilisation d'oeuvres culturelles. Si le gouvernement souhaite supprimer le téléchargement légal, cette mesure devra s'accompagner d'une promotion de modes de consommation culturels, et non de modes de conservation. Ainsi, l'état devrait encourager les maisons de disques à mettre à disposition des internautes leurs oeuvres en consultation sur internet, que ce soit en se finançant par la publicité, en mettant en place des abonnements, ou en déléguant à des tiers (ceux qui ont été cités plus haut) la gestion de leur catalogue. L'état devrait encourager la création de systèmes permettant d'avoir accès gratuitement à la vidéo de la même manière, afin que chacun puisse avoir accès à des films, tout en respectant le droit d'auteur.

La longue traîne, ou comment rendre l'économie numérique rentable

Les maisons de disques ont tout à y gagner, car cela permet à un modèle économique nouveau de se mettre en place naturellement, ce modèle étant baptisé la longue traine. La longue traîne, phénomène selon lequel une part importante des ventes se déroulera sur de nombreuses oeuvres peu vendues, induit que les entreprises produisant de la culture (maisons de disques, éditeurs, studios de cinéma) peuvent acquérir une rentabilité sans avoir forcement des succès massifs (blockbusters, tubes, best-sellers), mais en ayant de gros catalogues d'oeuvres à petit succès.

Ainsi, les entreprises de vente de livre en ligne ont réussi à devenir rentables en proposant à leurs clients des livres qu'ils ne peuvent se procurer ailleurs, et dont souvent il n'auraient pas entendu parler. D'énormes quantité de livres sont vendus, mais certains livres ne sont vendus qu'à quelques exemplaires, la somme de toutes ces ventes apportant le plus gros du chiffre d'affaire.

Ainsi, en proposant de grandes quantités de musique/films, en utilisant la publicité de manière adaptée (pour rapporter sans faire fuir le client), et en proposant à chaque personne des oeuvres méconnues adaptées à son profil (des documentaires pour untel, des films anciens pour l'autre, etc), d'énormes revenus pourraient être générés, car on pourrait faire passer beaucoup plus de temps à l'internaute sur ces supports que devant la télévision ou la radio. Pour l'utilisateur, un accès à la culture gratuit serait ainsi assuré, ce qui satisferait tout le monde (moyennant des publicités bien entendu). Pour ceux qui sont allergiques à la pub, un abonnement mensuel permettrait de s'en passer.

Bien sûr, le consommateur devra accepter que, si on lui fournit un accès gratuit à la culture, celui-ci ne sera pas illimité. Il y aura des contraintes telles que l'obligation d'avoir une connexion internet, et d'être connecté pendant l'écoute ou le visionnage (ceci dit on peut envisager un logiciel qui téléchargerait l'oeuvre en local, et permettrait de la regarder pendant un certain temps, avant de l'effacer). On pourrait envisager également d'empêcher d'écouter/de visionner trop souvent la même chanson/le même film, et de proposer à l'internaute de l'acheter s'il l'apprécie vraiment, ce genre de détails étant laissé à l'appréciation de chacun.

L'avantage de ce système, c'est que des gens pourront découvrir, puis acquérir, des oeuvres dont ils n'auraient jamais eu vent avant. Ainsi, on provoquerait en plus une effervescence intellectuelle similaire à celle qui a suivis l'apparition de l'imprimerie, alors que les systèmes actuels (radio/cinéma/télévision) tendent à uniformiser les esprits.

Un tel système aurait un seul inconvénient, c'est que les personnes n'ayant pas accès à internet seraient victime d'une injustice dans leur accès à la culture, mais la fracture numérique étant un problème étudié par tout les politiques, cet inconvénient risque fort de ne plus exister bientôt.

Avec cela, plus aucune raison valable de télécharger de la musique illégalement. La seule raison serait de vouloir conserver les oeuvres sans aucune contrepartie. Or, si je défends l'idée selon laquelle tout le monde devrait avoir accès gratuitement à la majorité des oeuvres culturelles, je pense que leur conservation doit demeurer payante, dans le respect des droit d'auteurs.

Pour la chasse aux pirates, je pense qu'elle ne devrait être envisagée qu'après la mise en place de tels systèmes, dans une sorte de pacte entre l'état et l'utilisateur (en gros, l'utilisateur à un accès gratuit à la culture, et en échange, il respecte le droit d'auteur). Pour les aspects techniques de cette lutte anti-piratage, je n'ai pas trop d'idées mais je suis sûr qu'Hadopi est une mauvaise solution. Il sera trop facile pour les pirates d'y échapper, et d'utiliser les connexion ou adresses IP des autres pour qu'ils prennent à leur place. C'est pour cette raison que je préférerais une simple amende (d'un montant laissé à l'appréciation du législateur), et la mise en place au sein de la police et la gendarmerie de cellules spécialisées, pouvant mettre en place toutes les solutions technique d'enquête, tout en étant contrôlées par des êtres humains.

À propos de la licence globale, je n'aime pas ce système, cela me rappelle trop le communisme à mon goût, quelque chose de massif, qui ne laissera pas beaucoup de place aux artistes émergents, et sera centralisé, le système décrit ici étant bien plus libéral à mon avis.

Image :
Source : Latin dictionary
Auteur : Marcus Gossler
Licence : GFDL

vendredi, juillet 10 2009

La durée des centrales nucléaire prolongée de 10 ans

Centrale-nucleaire-civaux.jpgMardi, l'autorité de sûreté nucléaire a donné son accord pour prolonger de 10 ans la durée d'exploitation des centrales de 900 MWe (Mega Watt electrique). Ce type de réacteur représente 34 des 58 réacteurs nucléaires français.

Cette mesure s'accompagne de l'instauration d'un examen approfondi des centrales tous les 10 ans. Ces centrales ont un âge moyen de 27 ans, et le passage de 30 à 40 ans semblait donc une nécessité d'un point de vue économique, car la majorité du parc aurait dû être remplacé ces prochaines année, ce que EDF n'a pas les moyens de faire apparemment.

D'un point de vue écologique, empêcher la construction est évidemment une bonne chose, ce genre de gros chantier est très pollueur. Le seul hic est donc au niveau de la sécurité, qui devra être assurée coûte que coûte. Ce contrôle décennal semble apporter de bonnes garanties.

Cette prolongation pourrait être un bon moyen de passer d'une énergie basée sur le nucléaire aux énergies renouvelables, la pertinence d'une construction massive de nouvelles centrales étant de plus en plus en question, car il semble de moins en moins possible d'avoir un réseau énergétique fourni principalement par le nucléaire.

Le chèque vert

          Voilà une idée intéressante de la fondation Nicolas Hulot. Le principe est simple : reverser les bénéfices dus à la taxe carbone aux foyers français. L'impact de la taxe carbone sur l'économie serait ainsi bénéfique, car les pollueurs étant taxés, et cette taxe étant reversée aux consommateurs, cela entraînera mécaniquement un transfert de richesses vers les secteurs les moins polluants.

Jean Louis Borloo se dit favorable à cette mesure, et Rocard également, mais ce dernier préférerait que ce chèque ne soit reversés qu'aux foyers à revenu modeste. Je suis d'accord pour penser que les foyers exposés au bouclier fiscal n'aient pas à avoir ce chèque vert, mais je préférerais que ce ne soient pas les classes moyennes qui paient (encore).

Une autre solution serait de reverser cet argent sous la forme de subventions pour les entreprises prometteuses sur le plan écologique. En tout cas je suis d'accord avec Jean Louis Borloo sur le fait que cette mesure "doit être neutre en termes de charge et ne pas affecter le pouvoir d'achat des Français. L'Etat redistribuera l'intégralité de la taxe. La contribution climatique n'est pas un nouvel impôt pour combler les déficits."

C'est ce que dit Borloo, mais ses collègues ministres, notamment Lagarde et Woerth, ne voient pas les choses sous cet angle, et préféreraient que cette taxe comble un peu le déficit public.

jeudi, juillet 2 2009

Ca vous dirait un flux sur le développement durable ?

En ce moment, les flux se multiplient. On peut citer le widget de la blogosphère modem et l'échiquier ci contre, et il y en a de nombreux autres. Je me demandais si ça vous intéresserait d'avoir un flux spécifique sur le développement durable au modem. En effet, il existe un flux Cap21, bien que je ne sache plus où le trouver et que je n'aie jamais su comment y aller, mais il n'y a pas de flux plus larges regroupant tous les sites sur le développement durable chez les démocrates/centristes.

Dans mon esprit ce serait un flux comme l'échiquier, qui pourrait être affiché de différentes manières et suivi sur un agrégateur, et qui regrouperait non seulement les billets de sites consacrés au sujet, mais qui pourrait également accueillir des billets sur le sujet de blogs qui n'y sont pas consacrés (par exemple avec des flux par catégorie sur ces blogs).

J'aimerais donc savoir si des gens seraient intéressés par cela, ou si quelque chose d'approchant existe déjà. Je suis en train de me renseigner sur les solutions techniques.

Sinon j'en profite pour préciser que je suis prêt à accueillir des rédacteurs sur ce blog, ou des billets occasionnels comme je le fait déjà.

mercredi, juillet 1 2009

La fin des ampoules à incandescence c'est pour aujourd'hui

Ampoules.jpgCa y est, (et je me permettrai même de dire enfin) les ampoules à incandescence sont retirées du marché, enfin celles dont la puissance est supérieure à 100W. C'est la première étape du processus de retrait qui durera jusqu'en 2012 (délais bien long me semble-t-il).

C'est une bonne chose au niveau énergétique, mais on peut regretter que cette mesure n'aille pas plus loin et ne favorise pas les ampoules à LED. Je vous ais parlé dans un billet précédent des avantages de ces dernières.

C'est donc une bonne chose que ces ampoules soient retirées, mais on peut regretter qu'en matière de développement durable, la France ait toujours un temps de retard au lieu d'avoir un temps d'avance.

jeudi, juin 25 2009

Ca avance pour MDI

Je vous ais déjà parlé de MDI, cette entreprise qui développe des moteurs à air comprimé (par exemple dans cet article).

Et bien ça bouge petit à petit. MDI teste certains de ses véhicules chez Air France (qui a publié une vidéo sur l'Airpod ici). Les véhicules semblent avoir déjà été livrés, au moins en partie, et des données fiables sur les véhicules actifs devraient donc être disponibles.

Les véhicules sont en cours d'homologation, l'AirPod étant annoncé en juin, et leur première "vraie" voiture en septembre. Il faudra un peu de temps avant d'atteindre le stade industriel bien sûr.

MDI a en outre une activité assez chargée ces derniers temps : le prix d'un concours de design japonais, des présentations chez Air France et Dassault et la visite d'un représentant de la fondation nobel, qui souhaite mettre en place un Prix Nobel de technologie internationale pour le développement durable.

Bref, ça avance pour cette entreprise, lentement, mais sûrement.

lundi, juin 15 2009

Les éoliennes verticales

Voici une nouvelle intéressante : le directeur d'Elioth annonce que " Les éoliennes à axe vertical intégrées aux pylônes électriques ont un avenir ". Ca paraît tellement simple, que j'ai honte de n'avoir jamais envisagé la chose. Il propose tout simplement d'intégrer des éoliennes à axe vertical aux pylônes à haute tension. Bon coup de pub, mais aussi bonne idée. En effet, les éoliennes à axe vertical semblent plus performantes que les éoliennes classiques.

L'intégration de ces éoliennes sur des pylônes permettrait de profiter d'installation existantes, de ne pas empirer le paysage, de relier directement et simplement ces éoliennes au réseau. Ces éoliennes semblent prometteuses car elles pourraient marcher à des vitesses plus faibles que les éoliennes classiques, et aussi supporter des vents plus forts. Les éoliennes verticales possèdent aussi l'avantage d'accepter le vent depuis n'importe quelle direction (sauf le haut). L'entreprise cherche donc des investisseurs pour construire un prototype grandeur nature.

Voici l'article original sur techniques de l'ingénieur, ainsi qu'un article sur NaturaVox.

dimanche, juin 14 2009

Les supercolonies de fourmis

HoneyAnt.jpgL'humanité est à l'origine de nombreux dégâts sur les écosystèmes. L'apparition de ces supercolonies est un des problème les moins visible pour le citoyen lambda, mais est néanmoins hautement préoccupant, et est un bon exemple de perturbation due à une espèce invasive.

Quelques généralités tout d'abord. Les fourmis sont des hyménoptères, proches des guêpes, dont elles partagent la taille. Les fourmis sont des insectes sociaux, qui vivent en colonies. Il existe de nombreuses espèces de fourmis, dont un grand nombre à des comportements particulièrement intéressants. Par exemple, les fourmis tisserandes sont des fourmis dont les larves produisent de la soie, et qui utilisent cette soie pour faire des nids de feuille. Les fourmis moissonneuses se nourrissent de céréales, qu'elles mélangent à de la salive pour faire une sorte de pâte (par anthropomorphisme, on les compare à des boulangères). Pour continuer l'anthropomorphisme, il existe des fourmis esclavagiste, qui enlèvent les larves des autres nids pour les faire travailler à leur place une fois adultes, des fourmis éleveuses, qui protègent des puceron et les traient (en fait, elles se nourrissent de leur miellat, c'est à dire de leurs déjections). Les fourmis pot à miel (image ci contre) se servent de certaines ouvrières comme réservoir vivant, qui ingurgitent une grande quantité de nourriture, se gonflent de liquide sucré, et sont parfois consommées par les humains.

Bref cette famille d'insectes et très intéressante, et possède une place toute particulière dans les écosystèmes, leur population est estimée à 10 millions de milliards, et représente 20% du total des insectes. Les fourmis sont souvent un des piliers de l'écosystème local.

Cependant, depuis quelques années, les spécialistes ont pris conscience d'un phénomène important, qui menace ce bel équilibre. Quelques espèces de fourmis, venues d'Amérique du sud principalement, se sont répandues sur toute la planète, ces fourmis sont probablement venues dans des bateaux important du bois, une colonie caché dans un arbre, ou simplement un reine. Ensuite, ces fourmis se sont installées sur place, elles ont crée une colonie, puis comme toutes les fourmis, ont élevé des mâles et des futures reines pour se reproduire. Le petit problème, c'est que ces fourmis n'ont pas trouvé de partenaires d'autres colonies pour se reproduire (logique, elles étaient à plus de dix mille kilomètres). Les mâles de cette colonie ont donc fécondé leur propres femelles, qui se sont installés un peu plus loin.

Le problème c'est que les colonies utilisent un système de phéromones très précis pour se reconnaître. Généralement, deux colonies voisines sont plus ou moins éloignées génétiquement, et elles se disputent un territoire. Mais ces fourmis invasives possèdent des génomes identiques, et donc ne s'affrontent pas entre elles, à vrai dire, un individu peut indifféremment passer d'une colonie à l'autre.

Ces espèces, si elles sont un tant soit peu adaptées au nouvel environnement, vont donc avoir un avantage décisif sur les autres espèces. Une colonie de fourmi doit lutter contre ses congénères autant que contre les autres espèces, mais celles là non. De plus, elles ne possèdent pas de prédateurs spécifiques sur place, ni de parasites, contrairement aux autres. Quelques espèces se sont donc mis à prospérer. Ainsi, une fourmi argentine possède une supercolonie qui s'étend de Barcelone jusqu'à l'Italie, en passant par la France.

Voici ce que dit wikipédia sur cette espèce :

En une seule année, en Louisiane, on a piégé dans un verger de citronniers de 10 hectares 2 milliards d’ouvrières accompagnées de 1 307 000 reines. Soit environ 20 000 ouvrières et 13 reines au mètre carré, alors que la concentration est beaucoup plus modeste habituellement (500 individus au m²). Dans les régions envahies par L. humile, en France, se sont d’abord les Orangers, Mandariniers et Citronniers, puis les Figuiers, les Cerisiers, les Pêchers, les Poiriers, voir la Vigne qui sont touchés. Dans les cultures maraichères, les Haricots sont souvent presque complètement détruits par les Puceron (Chopard, 1921).

Plusieurs autres espèces envahissent de nombreuses régions : les fourmis de feu en Amérique du Nord, en Australie et à Taiwan les fourmis folles en Australie, a Tahiti et en Nouvelle Calédonie.

Cette situation est probablement temporaire d'un point de vue évolutif. Si ces supercolonies ne s'autodétruisent pas en ravageant leur écosystème, les individus vont finir par s'éloigner génétiquement, et ces espèces vont fatalement reprendre un comportement normal. Cependant, le temps que l'évolution reprenne ses droits, l'écosystème risque fort d'être ravagé, et les cultures humaines également. Ces fourmis peuvent en effet être dévastatrices, elles ravagent les cultures, tuent les petits animaux (voire des nouveaux nés de bétail), éradiquent les autres espèces de fourmi, et aussi les autres insectes.

Quels sont les moyens de lutter contre une telle invasion ? Comme souvent lors de la prolifération d'espèces en dehors de leur habitat, l'arsenal de lutte est assez réduit. Les pesticides et autres moyens chimiques sont inefficaces, car elles ont peu de chance d'éliminer suffisamment de reines pour enrayer la progression de ces espèces. La lutte biologique, qui consiste à introduire un parasite ou un prédateur de l'espèce est intéressant, mais il ne faut pas que le remède s'avère pire que le mal, et que l'espèce introduite s'attaque à d'autres espèces locales.

Mais une autre solution est d'éviter que cela se reproduise. Pour cela, il faudrait cesser d'importer du matériel vivant non traité venant d'autres continents. Si l'Europe a besoin de bois précieux (ce que j'ai de la peine à admettre) elle peut importer directement des planches, si elle doit importer de la nourriture, elle peut l'importer déjà transformée, et si elle veut importer des espèces végétales, elle peut importer les graines et non les arbres. L'Australie à l'air d'avoir compris (à ses dépends) le danger, mais à ma connaissance, il n'y a pas de réponse européenne à cette question.

image :
source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:HoneyAnt.jpg
auteur : Greg Hume
licence : Creative Commons

mercredi, mai 27 2009

Quelle est la vraie ampoule à économie d'énergie ?

Ampoules.jpg Réponse : la Diode Electro-luminescente. En effet, les ampoules les plus courantes actuellement, les ampoules à filament, sont en voie d'interdiction pour être remplacées par les ampoules fluocompactes. C'est très bien au niveau de la consommation énergétique, car ces ampoules consomment environ 75% moins que les ampoules à filament, et ont une durée de vie de 10000 heures environ( contre 2000 pour les ampoules à filament). Le problème est que cette lampe est composée de mercure, qui n'est pas un élément anodin sur la plan environnemental, elles doivent donc être recyclées, ce qui n'est pas toujours le cas. Ces lampes souffrent également d'un retard à l'allumage, qui empêche de s'en servir dans les lieux de passage (couloirs, etc).

Les ampoules composées de diodes électroluminescentes, elles, cumulent de nombreux avantages par rapport aux deux autres. Elles ont une durée de vie largement supérieure, (environ 100.000 heures). La consommation est également très réduite (je n'ai pas de chiffres, mais elles est inférieure à celle des ampoules fluocompactes). Elle n'émet pas d'autres rayonnements que la lumière blanche (d'ailleurs le spectre lumineux n'est pas très large, il n'y a que quelques longueurs d'ondes), et ne souffre pas de retard à l'allumage. Les seuls bémols sont que ces lampes sont encore chères (mais leur prix s'approche des fluocompactes) et qu'elles ne sont pas recyclées, mais ne contenant pas de produits polluants, et ayant une très longue durée de vie, je pense que les déchets produits sont équivalents aux autres ampoules.

Bref ces ampoules sont en passe de devenir LA solution pour l'éclairage, même si quelques progrès sont nécessaires, et peuvent dores et déjà être utilisées en complément des autres types pour l'éclairage domestique, et en autonomie pour l'éclairage public (y compris les feux tricolores). Pensez y quand il faudra faire le choix de vos nouvelles ampoules.

image :
source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Ampoules.jpg
auteur : Xulin
licence : GFDL

mardi, avril 21 2009

Et oui les spams consomment de l'énergie

Cela fait un buzz en ce moment, après une étude de McAfee (par exemple ici)

Évidemment, comme les recherche google, et même les erreurs de programmation (je fais attention de réduire au maximum les appels serveurs dans ma programmation web, mais cela n'est pas le cas de tout le monde). Plus généralement, l'informatique doit être actuellement un des secteurs domestiques qui pollue le plus, surtout à cause d'Internet. Bon ceci dit, ceci n'a rien du tout de surprenant, et dans l'informatique comme dans toute chose, tout est une question d'utilisation et de logique. Il est évident que les activités qui consomment beaucoup de bande passante polluent, comme le téléchargement, la vision de vidéo ou l'écoute de musique en streaming, ou le jeu en ligne.

Ainsi, se focaliser sur les spams est absurde. Quel est le prix écologique du quasi monopole de Windows, sachant que ce système d'exploitation nécessite des ordinateurs de plus en plus puissants ? Quel est le prix de la course à la puissance des machines ? Il faudrait que l'informatique se décide à se mettre une bonne fois pour toute au développement durable, et que le matériel produit puisse tenir plus de deux ou trois ans sans être obsolète.

Il reste beaucoup de chemin avant que l'informatique soit enfin un peu économe.

Ethicle, moteur de recherche qui plante des arbres

          Voici une initiative assez originale : un moteur de recherche qui utilise les revenus de la publicité pour financer la plantation d'arbres dans le tiers monde.

Ce moteur participe au finance deux programmes de reboisement : un au mali et l'autre en Indonésie. Le projet au Mali est intéressant car le reboisement du Sahel est un des axes majeurs de la lutte contre la désertification, le bonus en termes de CO2 est lui probablement moins évident. La restauration de la mangrove est important aussi car c'est un écosystème unique et très fragile.

Comment fonctionne ce moteur de recherche qui se dit éthique ? Toutes les 100 recherches, l'équivalent du coût d'un arbre (soit 1€) est versé à l'association qui s'occupe du reboisement. Sinon pas grand chose à en dire, sauf qu'ils ne précisent pas quelle pourcentage de leurs revenus sont reversé à l'association. Ceci dit ça ne me gène pas que si des entreprises font de l'argent sur le développement durable, tant qu'elle tiennent leur engagement.

A son lancement, l'entreprise qui gère ce site à multiplié les maladresses, promettant de verser de l'argent qui ne pouvait l'être, notamment a WWF ou Greenpeace, mais tout semble maintenant en ordre.

Adresse de l'association qui s'occupe du reboisement : Planète Urgence

Celle du moteur de recherche : Ethicle

Image :
D'après : Wikimédia commons
Auteur : Kapipelmo
Licence : Domaine Public

mercredi, avril 8 2009

Encore un habitat durable

Je ne peux résister à l'envie de vous montrer la vidéo donnée par Giacomo en commentaire dans l'article sur les yourtes.

Présentation Domespace (en flash)

Présentation Domespace
envoyé par Domespace-International

Je connaissait déjà ce mode d'habitation, et il faut avouer que cela est très séduisant, avec un impact minime sur l'environnement.

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