Blog de Vincent15 pour une société durable et républicaine

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Keyword - Constitution

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi, novembre 10 2009

Être Démocrate, c'est quoi ?

printempspeuples.jpgUne chaîne lancée par Némo, suite à la chaîne précédente ici.

Donc être démocrate c'est quoi ?

Premièrement, d'une manière basique, être démocrate, c'est vouloir vivre en démocratie, c'est-à-dire vouloir que le peuple soit souverain. Le peuple doit nommer ses représentants. Dans ce cas, tous les partis français sont démocrates, au moins publiquement, car aucun parti politique visible ne prône actuellement le retour à la monarchie ou bien l'établissement d'une dictature, oligarchie d'un système féodal...

Cependant, il peut y avoir beaucoup de formes de démocratie. Il en existe quelques-uns, il en a existé plus encore, et les possibilités sont illimitées.

D'une manière un peu plus précise, lorsqu'un Français se définit comme démocrate, c'est en général en référence à la vision qu'en avaient les philosophes des lumières : peuple souverain, présence d'une constitution, égalité devant la loi, séparation des pouvoirs et état de droit.

Déjà, si on admet cette définition pas mal de travail doit être fait dans notre pays. Toute forme d'aristocratie doit être exclue et la classe dirigeante française a, il faut l'avouer, de plus en plus de points communs avec une aristocratie (voire une oligarchie). L'état de droit n'est pas forcément assuré, car, même si on excepte certains privilèges liés à des amis haut placés, il faut avouer que la justice française ne marche plus et qu'elle peine de plus en plus à empêcher les "petites infractions" : vols, violences, harcèlement ...

La souveraineté du peuple français est soumise aux informations qui leurs parviennent et la séparation des pouvoirs n'est pas assurée. La constitution, même si elle est bien présente, n'est pas parfaite et elle pourrait comporter certains articles supplémentaires.

De plus de cette acceptation particulière du fonctionnement de la démocratie, être démocrate en France, en tant que membre d'un courant politique, c'est adhérer aux valeurs de la république : liberté, égalité, fraternité.

Némo a définit des trois termes, mais ma définition est légèrement différente.

La liberté, pour moi, c'est l'état de droit et la liberté individuelle. Chacun doit être libre de faire ce qu'il veut, à partir du moment ou sa liberté ne nuit pas à celle d'un autre et la loi doit donc être respectée par tous, car elle est le carcan qui définit dans quelles conditions nous sommes tous les plus libres possibles. Certaines position libertaires sont donc incompatibles avec cette liberté républicaine. Par exemple le piratage informatique, s'il semble pour certains une expression de la liberté individuelle, empêche certaines personnes de profiter pleinement de leur travail. Le non-respect du code de la route, sous prétexte d'être libre de faire ce qu'il nous plaît, nuit à la sécurité des autres. L'ultra-libéralisme comme certains l'appellent, c'est-à-dire la position selon laquelle on devrait laisser les entreprises faire ce qu'elles veulent, doit toujours être soumis au respect de la loi. La libre circulation des marchandises est une bonne chose, si les conditions écologiques et sociales pour son application sont réunies. Quant à la position de certains libéraux, qui considèrent que réduire les impôts est la principale nécessité, je ne la partage pas.

L'égalité, second principe de la devise de la république, est donc la condition à l'application de la liberté. De même la vision de l'égalité est particulière. L'égalité collectiviste nuit généralement à la liberté. Chacun doit pouvoir gagner le fruit de son travail, essayer un métier si cela ne met personne en danger, dépenser, conserver ou investir son capital à sa guise. De même l'égalité implique que les élus n'aient pas de privilèges, que l'accession aux responsabilités soit possible pour tous et donc que la candidature à des élections soit facilitée et la proportionnelle généralisée.

Le troisième principe, la fraternité, est lui aussi conditionné. Chacun doit participer à l'aide collective aux personnes en difficulté, mais dans le respect de l'égalité, sans injustices.

Être démocrate serait donc être partisan d'une juste application et d'un juste équilibre entre ces principes, dans le cadre de l'état de droit, de la séparation des pouvoirs et de la souveraineté du peuple pleine et entière.

Ensuite une question me taraude : quelle est la différence entre un démocrate et un républicain en France. Némo soutient que les démocrates sont des républicains. Je n'en suis pas sûr. En France le courant républicain est un courant qui défend les mêmes valeurs que les démocrates, mais souvent qui a des idées différentes à propos de l'Union Européenne. Je pense que des républicain seraient plutôt pour un modèle confédéral, permettant à la France de garder toute sa souveraineté, bien qu'ayant des liens serrés et des politiques communes avec ses voisins. La sphère républicaine, qu'elle soit de droite ou de gauche, sera plus nationaliste. Les démocrates ne verraient pas d'inconvénient à un fédéralisme, à condition que les institutions soient démocratiques, de même que les démocrates ne verraient pas d'inconvénient à l'établissement d'un état fédéral en France, à une gouvernance mondiale, ou toute autre organisation politique où les droits du peuple et sa souveraineté serait respectée (du moins dans l'absolu, même si sur certains dossier ça ne peut pas être le cas de tout le monde).

Les républicains seraient donc des démocrates, partageant les mêmes valeurs, mais ayant des revendications supplémentaires (unité et indépendance de la République Française, quelle que soit la situation). Du coup je serais plutôt républicain que démocrate, bien que modéré.

J'aimerais bien avoir l'avis de Némo sur ce point particulier, ainsi que des autres bloggeurs qui pourraient répondre à cette chaîne.

Par contre, n'ayant pas beaucoup de temps pour parcourir tous mes blogs préférés, et comme mes cibles favorites n'ont pas forcément le temps de répondre à toutes les chaînes que je leur envoie, je me contenterais de laisser tous ceux qui le souhaitent parmi mes lecteurs répondre à cette chaîne (et à la prochaine aussi). Je vous rétrotagguerais afin que l'intégrité de la chaîne soit respectée.

jeudi, juillet 30 2009

reforme-des-circonscriptions

French_Senate_amphitheater_050917_162927.jpgAlain Marleix, secrétaire d'état à l'intérieur et patron de l'UMP du cantal, est en train de travailler, mandaté par le Président, à une refonte de la carte électorale. A priori pas grand chose à dire à propos de ça, il semble tout à fait normal de rééquilibrer les circonscriptions pour que chaque citoyen soit représenté également, mais tout le monde sait bien que ce genre de découpage est souvent l'occasion de pressions "amicales" sur les députés (du type si tu ne vote pas cette loi, on intègre des communes de l'autre bord dans ta circonscription), et de constitution d'une carte plutôt favorable à la reconduction de la majorité au pouvoir.

Ainsi, la majorité à tout intérêt à créer des circonscriptions ingagnables pour elle, bien ancrées à gauche, et ainsi d'avoir plus de départements où ils seraient légèrement majoritaires. Pour caricaturer, avec un découpage parfait (pour eux), ils pourraient s'assurer le contrôle de l'assemblée avec 26% à peine de la population (51% dans 51% des circonscriptions).
Je ne vois donc pas pourquoi ce remaniement échapperait à cette "tradition", et d'après les rumeurs cela ne semble pas être le cas.

Seulement, est-ce si pertinent ? Le système actuel souffre du même problème que le parti socialiste, il n'arrive pas à faire le choix entre deux orientations incompatibles.

Un choix à faire

Ainsi, on ne sait toujours pas si les députés sont les représentants d'unités de population, ou de territoires. Ainsi, certains députés pourraient couvrir tout un département, alors que des circonscriptions sont plus petites qu'une commune. Si les députés sont censés représenter une population, pourquoi on ne fait pas des circonscriptions de population égale, pouvant s'étendre sur plusieurs départements éventuellement ? D'un autre coté, si on considère que les députés doivent représenter un territoire déterminé, et rester proches de la population, comment va s'organiser le travail du député représentant à la fois Israël et les pays arabes voisins (y compris la Palestine), ou d'un député représentant la moitié des Etats Unis ?

Un gouvernement éclairé devrait faire son choix. Pour ma part, je pense qu'on a deux chambres, et qu'il serait bon de s'en servir. Actuellement, les deux scrutins sont similaires pour les deux chambres, à ceci près que dans l'un ce sont les électeurs, et dans l'autres les grand électeurs (différence non négligeable je vous l'accorde). Je pense qu'il serait plus pertinent de faire une chambre ayant pour but de représenter la nation dans son ensemble, avec toutes ses composantes politiques importantes, et une chambre représentant les territoires de la république, afin que chacun puisse avoir un représentant proche de lui au parlement.

Je pense que vous aurez compris que pour la première, je pense à l'assemblée nationale, qui serait élue au suffrage universel, national et proportionnel à un tour. Tous les partis faisant un certain score (je dirais 1-2 %, en tout cas pas plus de 5) pourraient avoir leurs représentants, sans prime à la majorité (sinon le parlement n'est plus représentatif).

Le sénat semble tout désigné pour la seconde, pour lui on pourrait garder le mode de scrutin actuel, bien que je n'en soit pas fan, un scrutin uninominal par circonscription au suffrage universel, un peu comme avec les députés, mais par arrondissement, ou bien la proportionnelle par département, avec autant de sénateurs que d'arrondissements dans chacun d'entre eux. Il y a grosso modo 350 arrondissements, et on pourrait avoir autant de députés.

A part ça, pas besoin de changer quoi que ce soit à la cinquième république, et je ne vois pas la nécessité de passer à une sixième. Ce changement parlementaire suffirait à mon avis à rendre le parlement plus représentatif socialement, les parlementaires un peu plus responsables (car certains sont sûrs d'être réélus, quoi qu'il arrive) et à ce que le parlement assume un peu plus son pouvoir législatif.

Tout le monde va me dire que cela rendra la majorité instable, comme pendant la quatrième république, mais cela n'est qu'un argument des deux grand partis qui cherchent à conserver leur privilège et garder le contrôle de la quasi totalité des sièges. A l'époque il existait un parti communiste, qui faisait jusqu'à 30% des voix, et qui était exclu de tous les gouvernements. Donc il fallait déjà faire un gouvernement avec ce qui restait, et le contexte international était particulièrement différent, ainsi que le contexte idéologique. Avec le contexte politique actuel, plus la menace permanente de dissolution par le président si la situation n'avance pas, ce système serait viable. Je ferais un peu de politique fiction dans un autre billet.

Je ne demanderais pas au président de le faire parce que je sais que ce n'est pas son intérêt et qu'il ne le fera pas (et je doute qu'il me lise), mais une telle réforme serait souhaitable. Et le parti de la majorité ferait bien d'y penser, si sa volonté de faire des réformes utiles pour le pays est véridique.

vendredi, juillet 3 2009

Est il normal ?

Suite à ce tag de florent, et à ce billet, je dois écrire un billet sur le mode "est il normal que ?"

Je voulais mettre à jour ce billet, qui parlait déjà de la phrase du président sur le travail du dimanche, mais j'ai décidé d'en écrire un autre.

Voici donc la phrase du Président qui doit me servir de modèle : "Est-ce qu'il est normal que le dimanche, quand Mme Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir?"

Et voici les miennes.

Le première vient du billet précédent :

  • - Est-ce qu'il est normal que, quand Mme Obama veut aller avec ses filles visiter les magasins parisiens, le président se permette de passer un coup de fil pour les pousser à enfreindre la loi ?
  • - Est-ce qu'il est normal que, depuis des décennies, lorsqu'il y a un problème, on se contente de faire des lois sans jamais les appliquer correctement ?
  • - Est-ce qu'il est normal que, depuis Mitterrand, ce sont toujours les même gens qui font de la politique dans notre pays ?
  • - Est-ce qu'il est normal que le gouvernement renie tous les discours qu'il a fait avant et pendant la campagne électorale, notamment en matière de droits de l'homme et de pouvoir d'achat, et qu'il soutienne mordicus qu'il a tenu ses engagements (certes c'étaient des promesses, pas des engagements) ?
  • - Est-ce qu'il est normal que le président s'augmente de 172 %, prétextant qu'il va réduire les dépenses de l'Elysée, car son prédécesseurs utilisait, selon lui, cet argent à des fins personnelles, et que ce budget augmente de 9% ?
  • - Est ce qu'il est normal le président se dise contre l'entrée de la Turquie en Europe, et qu'il retire la mesure qui permettait aux citoyens de s'exprimer sur le sujet, et relance les discussions sur l'adhésion de la Turquie en Europe ?

Et surtout, est ce normal que personne, et particulièrement pas les médias, n'y trouve rien à redire ?

dimanche, septembre 21 2008

Dépoussiérer le sénat?

French_Senate_amphitheater_050917_162927.jpgAujourd'hui un tiers du sénat est renouvelé. Peut être est ce le moment de se poser des questions sur le rôle du sénat dans notre pays. En effet, dans la constitution de la cinquième république, le sénat n'a pas vraiment un rôle déterminant dans la vie politique, est sert plutôt de chambre annexe à l'Assemblée Nationale. Attention, je ne critique pas les sénateurs, qui font généralement un très bon travail, mais la chambre en elle même. De plus, le mode de scrutin, même s'il va légèrement changer, n'est pas le plus représentatif qui existe.

Dans ces conditions, peut être pourrions nous nous interroger sur la pertinence de conserver cette chambre, qui d'ailleurs n'est pas un modèle d'alternance politique. Je ne pense pas à supprimer le sénat, car je pense que le système bicaméral n'est pas une mauvaise chose, mais je pense que nous pourrions revoir son rôle et son mode d'élection, et celui de l'assemblée par la même occasion.

Ce que je propose, c'est d'élire les représentants du sénat au suffrage universel dans les départements, comme le sont les députés actuellement. Parallèlement, l'élection de l'Assemblée Nationale à la proportionnelle permettrait d'avoir un parlement largement plus représentatif des opinions des français. Les deux élections pourraient être réalisées en même temps, un peu comme en Allemagne, ou les mandats pourraient être de longueur différentes, afin d'amener un peu plus d'équilibre dans les pouvoirs. De plus les élections des députés pourraient soit être réalisées nationalement, afin d'être parfaitement représentatif de la population, ou dans les régions, afin d'amener un peu plus de représentativité locale, sans pour autant apporter de biais trop important aux plus grands partis.

Le nouveaux sénat garderait son rôle actuel, et pourrait de plus servir à trancher les débats si l'assemblée nationale se retrouvait bloquée sur un texte précis, les majorités seraient probablement plus fortes dans cette chambre et cela permettrait d'éviter les dérives de la quatrième république que tout le monde craint tant. Ainsi en cas de blocage mineur, le sénat pourrait débloquer la situation et en cas de blocage majeur, il resterait au président la possibilité de dissoudre l'Assemblée Nationale.

Ainsi, avec un simple réarrangement dans les modes de scrutins, et sans changer les grandes lignes de la constitution, on pourrait modifier drastiquement, et rendre plus démocratique, la vie publique de notre pays.

Ajoutez à cela la fusion des conseiller régionaux et généraux, et vous aurez un fonctionnement public bien plus efficace et représentatif que celui que l'on a pour l'instant.

image : sénat
source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:French_Senate_amphitheater_050917_162927.jpg
auteur : David Monniaux
licence : GFDL

vendredi, juin 13 2008

Réaction du Mouvement Démocrate au rejet attendu du traité de Lisbonne par les Irlandais

Vu sur le site du Mouvement Démocrate

Réaction du Mouvement Démocrate au rejet attendu du traité de Lisbonne par les Irlandais

François Bayrou et Marielle de Sarnez ont réagi au rejet attendu du traité de Lisbonne par les Irlandais ce vendredi 13 juin ....

Selon François Bayrou , ce rejet probable du traité de Lisbonne par les Irlandais révèle le "fossé" qui "s'est creusé entre les peuples européens et leurs institutions". "Les Irlandais ont répondu comme beaucoup d'autres peuples européens l'auraient fait" à ce traité "encore plus incompréhensible que le texte touffu de la Constitution européenne", a déclaré à l'AFP M. Bayrou. "On a essayé de ruser avec les peuples, et de faire comme si l'Europe était uniquement une affaire d'initiés", a-t-il dit. Les gouvernements vont devoir "prendre le temps nécessaire" pour rejoindre les préoccupations des citoyens "qui ont l'impression que l'Europe est devenue uniquement une machine pour initiés purement économique et commerciale, et qui ne les protège pas dans les difficultés des temps". Les citoyens "ont le sentiment de n'être au courant de rien de ce qui se décide et se discute", a-t-il ajouté. "Je suis certain qu'ils pensent dans leur grande majorité qu'il faut une Europe dont la voix soit aussi crédible et influente que celle des Etats-Unis ou de la Chine. Mais ils veulent que ce soit leur voix", a déclaré François Bayrou. Il faut élaborer pour l'Europe un traité "court, simple, lisible, compréhensible par tous et soumis à référendum", a-t-il encore indiqué, reprenant la thématique développée pendant la campagne présidentielle.

De son côté, Marielle de Sarnez déclare : "C’est un événement très important qui ne peut pas être ignoré ou contourné et qui aura des conséquences lourdes pour l’avenir immédiat. Un fossé s’est creusé entre les peuples et l’Europe. C’est à cette question qu’il faut répondre. On ne peut plus continuer d’ignorer ce qui est ressenti comme un déficit démocratique. Ceci oblige à trouver pour l’Europe des réponses nouvelles qui prennent en compte les inquiétudes des peuples et les défis des temps."

Personnellement, je suis tout à fait d'accord avec François Bayrou. J'irais même jusqu'à dire qu'il nous faut une constitution élaborée par le parlement européen, et voté par référendum européen. Les pays l'adoptant feront partie de l'Europe enfin définie, quand aux autres ils faudra trouver un compromis leur permettant une association économique sans faire partie de l'Europe politique.

vendredi, mai 23 2008

Pas de proportionnelle? Alors ce sera pour dans cinq ans.

La majorité à rejeté l'introduction de la proportionnelle aux élections. Cela signifie un renforcement de la bipolarisation artificielle de la vie politique, et du carriérisme. Il y aura toujours une très forte majorité d'hommes à l'assemblée, et ce seront toujours les mêmes personnes.

Seules la proportionnelle peut faire bouger les choses, dans notre pays, car cela permettra d'avoir une assemblée représentative de nos concitoyens avec des personnes de toutes sortes, et qui ne feront pas de la politique un métier. Les députés actuels ne savent faire que deux choses : gouverner dans la majorité (ce qu'ils ne font pas forcement bien) ou bien pour les autres s'opposer continuellement (ce qu'ils ne font pas bien non plus).

Les choses ne sont pas parties pour bouger, mais il nous faut défendre nos valeurs de démocrates, pour une république qui tienne compte du bien de chacun, et pas des dirigeants.

Peut être seront nous en mesure de changer les choses dans quatre ans, mais pour cela il faut faire comprendre aux français que la seule bonne manière de faire de la politique, c'est qu'il n'y ait pas de politiciens professionnels, seulement des personnes comme les autres engagées pour défendre leur idées, et qui peuvent reprendre leur place dans la société.

mercredi, mai 14 2008

Motion de procédure et changements constitutionels

Hier, à l'assemblée, l'opposition, pourtant en fimportante minorité, a pu faire échouer le projet de loi sur les OGM, en adoptant une motion de procédure. Le texte est donc pour un temps, en suspens, mais sera probablement remis sur les rails par la commission réunie par le président de l'A.N..

Alors que penser de ces évènements? D'une part, on peut voir qu'il y a là un moyen pour les députés de la majorité de manifester leur mécontentement face au gouvernement, sans pour autant être taxés de traitres : ils ne votent pas contre la loi, mais ont mieux à faire que de venir voter pour elle. Mais surtout, au moment où les débats font rage pour la nouvelle version de la constitution, cela nous montre que, alors que le scrutin uninominal à deux tours est là pour assurer la stabilité des institutions, il n'autorise pas, même avec une forte majorité, le gouvernement à faire ce qu'il veut.

Et c'est tant mieux, il faut absolument qu'il existe des contres pouvoirs et des gardes fous dans une démocratie.

Mais cela nous permet de poser la question de la pertinence des institutions en place : il y a une assemblée, élue par le peuple au suffrage universel, par un scrutin uninominal à deux tours, et un sénat, élu de manière indirecte par les élus locaux. Les députés sont en quelque sorte les représentants du peuple, au sein d'une assemblée représentative, et les sénateurs des "sages". Tous sont censés représenter d'une certaine manière la population et les territoires d'où ils sont issus.

En pratique, l'assemblée et une chambre d'enregistrement pour le premier ministre, et le sénat un espace de recyclage des vieux politiciens (j'exagère, mais vous m'avez compris).

La composition de l'assemblée nationale n'est pas démocratique, en effet, le nombre de député d'un parti politique, ou plus généralement d'un groupe aux idées proches, n'est pas égal au pourcentage de la population qu'il représente. Aux dernières élections ont le voit bien : l'UMP, qui à fait grosso modo 40% des voix, se retrouve avec 55% des députés. Le PS, qui a fait lui 25%, possède 32% des députés, le modem, avec 8% des voix, a même pas 1% des députés. Le PC et les verts, avec respectivement 4 et 3 % des votes, se retrouvent avec 2,6 et 0,7 % des députés. Le FN, avec 4,25% des voix, se retrouve avec 0 députés.

On voit donc à qui profite le scrutin uninominal : le PS, l'UMP et le Nouveau Centre. Avec une majorité de 60% et une opposition de gauche d'un peu plus de 35%.

La majorité, qui n'en est pas une pour les francais, peut alors faire voter toutes les lois qu'elle veut, y compris les lois constitutionnelles (qui nécéssitent 60% du parlement), en comptant le nouveau centre. Elle peut donc, potentiellement, faire absolument ce qu'elle veut (sauf absentéisme).

Que serait le parlement si le scrutin avait été proportionnel, passons sur le phénomène du vote utile qui n'aurait plus eu lieu d'être, et sur les augmentation du nombre de voix de certains partis (MoDem, LCR/LO, Verts, FN principalement) que cela entraînerait.

La majorité actuelle aurait 45% des voix et l'opposition de gauche 35 (mais avec une moins forte majorité du PS).

Si le gouvernement veut pouvoir gouverner, sa politique devra alors être différente, et il devrait trouver des accords, soit avec le modem (ce qui ferait une majorité de 52%), soit avec l'extrême droite (même pourcentage). J'exclue les alliances avec les autres partis car le clivage (peu pertinent à mon avis) droite gauche est bien trop ancré.

Avec une exclusion des trop petits partis et candidatures fantaisistes (on va dire pour ceux qui font moins de 1 ou 2% des voix) la majorité actuelle serait pas loin des 50% et pourrait former un gouvernement avec les alliances ci dessus ayant plus de 55% des députés (donc un gouvernement viable).

L'opposition, toujours dans le même cas, pourrait difficilement constituer un gouvernement, sauf à s'allier avec l'extrême gauche, le modem ET l'extrème droite (hypothèse purement fantaisiste).

On peut donc voir qu'un tel scrutin serait plus représentatif de l'état actuel de l'opinion publique, et qu'un vrai gouvernement d'ouverture pourrait être crée (et pourquoi pas de l'UMP jusqu'à la gauche modérée).

Quid de l'instabilité que cela entrainerait.

Allons voir chez les voisins : déjà, dans la plupart des pays à la proportionnelle, la destitution du gouvernement par l'opposition ne peut se faire sans la nomination d'un nouveau premier ministre (ou ce qui en tient lieu) par l'assemblée. Cela serait une piste à envisager, mais ça signifierais que le parlement devrait nommer le premier ministre, ce qui ne serait pas forcement une mauvaise chose. Ça évite les alliance opportuniste entre l'opposition et les extrêmes, qui votent la censure sans avoir de projet cohérent à opposer. Une solution encore meilleure est celle de l'Allemagne : le bundestag doit élire sous 8 jours un gouvernement, sinon il est dissout. Dans ce cas, les électeurs peuvent trancher.

La situation en allemagne est bonne, et une organisation ressemblante pourrait exister.

En Italie cette fois, la proportionnelle entraine des instabilités, enfin c'est ce qu'on nous dit. Si on regarde un peu plus loin, il n'y a pas que ce phénomène qui entre en jeu : Le président de la république italien n'a que très peu de pouvoirs par rapport au notre, il ne peut pas dissoudre l'assemblée, et donc ne peut pas compenser l'éventuelle instabilité qui pourrait exister. Le président du conseil, équivalent du premier ministre, ne peut pas révoquer un de ses ministre. Il dépend donc fortement du parlement. Si on ajoute à cela le fait qu'il n'y ait aucune limite à la représentation des partis et qu'il y a un fort ancrage régional des petits partis, on peut voir les causes de l'instabilité. L'introduction en 1994 du scrutin uninominal à deux tours n'a rien changé, et il a été abandonné la législature suivante.

Si on regarde les législatures en france, on peut voir que, malgrès un scrutin uninominal, il y a eu des coalitions au pouvoir (notamment RPR UDF). Une crise politique aurait très bien pû arriver. (d'ailleurs la dissolution de 1997 en est presque une).

En france bien sûr, nous avons la caractéristique d'avoir un président aux pouvoirs étendus par rapport à ceux des pays voisins, mais moins important que dans un régime présidentiel. Je pense qu'il faudrait le conserver, mais ne pas suivre la voie actuelle vers la présidentialisation issue du quinquennat. Je pense donc qu'un premier ministre nommé par le parlement et des pouvoirs étendus pour celui ci seraient une bonne solution, le président gardant son rôle d'arbitre, le pouvoir de dissoudre l'assemblée, ainsi que le référendum.

Le sénat, quand à lui, devrait être revu. Si les législatives sont régionales et proportionnelles, formule que je préfère pour garder la proximité avec le peuple et pour s'approcher de la proportionnelle totale, pourquoi ne pas élire directement les sénateurs avec un nombre de sénateur fixe par département. Ainsi on gardera l'élu proche du peuple (géographiquement), le sénateur, et l'élu représentatif, le député. Le pouvoir moins important accordé au sénat actuellement est compatible avec cette organisation.

Voilà la constitution est quasiment terminée. Reste à aborder un point philosophique : nous sommes en démocratie, le peuple gouverne (et le peuple, c'est tous les français, pas les prolétaires, les français de souche, ou toute autre catégorie artificielle, mais tous les français). La constitution actuelle est faite pour atténuer les effet de l'instabilité du peuple. C'est dans la lignée du mode de pensée actuel qui est que l'état doit tout faire à la place des gens, y compris décider à leur place de quels partis ils peuvent choisir ou non. On se dirige vers le bipartisme et l'immobilisme que cela implique.

Le sens de mon engagement politique et de combattre ce genre de choses. Le peuple est souverain, et c'est lui qui doit gouverner, s'il se plante, il pourra prendre les responsabilité de ses actes, si le gouvernement ou le parlement est instable, tôt ou tard, il faudra changer, personne ne doit décider à notre place de qui doit gouverner, même pas les élus. Les élus sont les représentants du peuple, pas des aristocrates à qui on peut ou non accorder son soutient. Nous sommes dans une démocratie moderne, pas dans la rome ou la grêce antique ni les cité italienne du moyen age. Si les gens veulent que les décisions soient prises à leur place, qu'ils aillent vivre dans une monarchie. Oui à une constitution représentative, et oui à la responsabilité des citoyens.