Rogier_a_la_tete_des_volontaires_de_Liege__Soubre__1878_.jpgLa Belgique est un état qui tire son origine de la guerre de cent ans.

A cette époque, le duché de Bourgogne n'était qu'une partie de l'actuelle région française, conduit par des ducs issus des Valois qui régnaient sur la France. Il grandit rapidement notamment grâce à une politique matrimoniale habile, et acquit le comté de bourgogne correspondant à l'actuelle franche comté et situé alors en terres d'empire, en même temps que les Flandres, alors dépendantes du royaume de France, ainsi que le comté de Nevers sous Philippe le Hardi.

Les successeurs de Philippe le Hardi cherchèrent alors à constituer un état indépendant, et pourquoi pas rétablir la Lotharingie. Sous Charles le téméraire, le duché possédait un territoire rassemblant grosso modo les Pays-Bas actuels, la Belgique, la région Nord, le Luxembourg, la Lorraine, la Franche-Comté et une partie de la bourgogne. Cet état s'affaibli néanmoins, sous les coups des Suisses encouragés par Louis XI, le roi de France, puis s'effondra à la mort de Charles le téméraire sans descendance masculine. Louis XI récupéra la Picardie et le Duché de Bourgogne et l'empereur germanique Maximilien de Habsbourg, gendre du téméraire, le Comté de Bourgogne et les Pays-Bas, correspondants en gros à l'actuel "Bénélux". Le royaume de France perdait ainsi la suzeraineté sur les Flandres, mais le domaine royal s'agrandissait, ce que Louis XI appréciait bien plus.

Charles Quint, petit fils de Maximilen de Habsbourg, de Marie de Bourgogne, de Ferdinand de Castille et Isabelle d'Aragon, gouverna les Pays Bas avant de régner sur les empires germaniques et espagnols. C'est lui qui constitua les Pays-Bas en état distinct de l'Allemagne et de l'Espagne. Cet état devint une possession de la couronne d'Espagne lorsque Charles divisa son empire entre son Frère et son Fils. Les Pays-Bas furent, avec l'Italie, la Lorraine et l'Alsace, un des principaux théâtres d'opérations de la rivalité entre les Habsbourg et les Rois de France.

Sous la réforme, cet état fut divisé en deux, les actuels Pays Bas devenant une république protestante, puis une des premières puissances mondiales grâce à son empire colonial au XVIIè siècle, alors que les Pays-Bas espagnols, précurseurs de l'actuelle Belgique, devinrent une province mineure du royaume d'Espagne, qui, ayant du mal à la défendre contre la France, la céda à l'Autriche au XVIIIè.

La Belgique fut rapidement annexée par la France pendant les guerres révolutionnaires, puis l'Empire Français regroupa toutes les terres situées à l'ouest du Rhin, ainsi que les côtes de la mer du Nord.

A la chute de Napoléon, les Autrichiens, qui ne voulaient plus défendre les Pays-Bas catholiques, cédèrent ces territoires au royaume des Pays-Bas, qui ne les garda que quinze ans. C'est la révolte des catholiques contre leur roi protestant en 1830 qui fit naître la Belgique. Cette monarchie constitutionnelle était francophone, bien que la population ne le soit pas forcément. Ceci provoqua un conflit linguistique qui fut réglé en 1962 par la constitution de la Belgique en état fédéral.

Ces bases historiques posées, les résultat de la dernière élection législative montre que la réorganisation de ces anciens Pays Bas ne fait que se poursuivre, et que la population attache aujourd'hui plus d'importance à son appartenance linguistique, notamment à cause de la disparition des dialectes locaux, qu'à son appartenance religieuse. Les flamands semblent attirés par l'indépendance, alors que les wallons restent attachés à la Belgique.

Si les Flamands poursuivent sur le chemin de l'indépendance, la question se posera : que deviendra la Belgique. Si scission il y avait, le point le plus problématique serait le devenir de Bruxelles, ville à grande majorité Francophone au milieu de terres Néerlandophones. Plusieurs solutions sont possibles, le maintient d'une Belgique amputée de la Flandre, la séparation en trois de la Belgique ou le très hypothétique rattachement de Bruxelles à la Flandre.

En cas de scission de la Belgique une grande partie de Francophones envisageraient un rattachement à la France, et si Bruxelles était désolidarisée de la Wallonie, il est très probable que celle ci cherche à se rattacher à la France alors que les autres entités suivraient leur propre voie. Il est possible qu'à terme la Flandre soit rattachée aux Pays-Bas, et que Bruxelles, devienne une principauté indépendante, certains y voyant l'occasion de constituer une capitale Européenne.

Quelle attitude avoir face à ce dossier. Bien entendu, ce n'est pas à la France d'intervenir, et toute ingérence serait malvenue, mais si la Flandre abandonnait la Belgique, il faudrait bien avoir une position. Je pense que la France devrait dire haut et fort qu'elle est prête à accueillir les Wallons en son sein. Après tout, nous sommes voisins, nous parlons la même langue, nous avons une histoire commune, et nous avons les mêmes racines révolutionnaires. Nos cultures sont très semblables, nous avons par exemple le même attachement au principe d'état providence, et nous devons faire face aux même défis : chômage important et endettement. Les Wallons sont en quelque sorte les plus septentrionaux des méditerranéens. Il y a bien des divergences entre nos cultures, mais la situation est semblable à celle de l'Alsace en 1918. Un siècle après, je ne vois pas pourquoi la France refuserait de nouveaux compatriotes, si ceux ci veulent se joindre à nous.