Rétablir la conscription - détails
Par vincent15 le jeudi, février 18 2010, 17:12 - Société - Lien permanent
Je vous ai parlé il y a quelques jours d'un rétablissement de la conscription, alliant service civil et militaire dans des proportions variables. Parlons un peu de l'application pratique d'une telle mesure.

Période de réalisation
Premier sujet délicat : quand les jeunes pourront-ils effectuer ce service ? À première vue, je pense que le moment idéal serait à 18 ans, soit l'année du passage du bac pour la plupart des gens, avec éventuellement une certaine élasticité. Réaliser ce service juste avant les études supérieures (pour ceux susceptibles d'en réaliser) pourrait, du point de vue du développement personnel, n'apporter que des bénéfices. Sortir les jeunes de leur carcan familial et/ou social, leur donner un peu de temps pour réfléchir à leur avenir et leur implication dans la société, leur offrir d'autres voies d'accomplissement que la réussite scolaire. Tout cela ne peut que les aider à faire leurs choix de vie d'une manière plus éclairée. Le gros problème est de savoir si ça ne poserait pas de problèmes pour la conduite future des études. Une année sortie du système scolaire pourrait poser des problèmes à certains pour se remettre dans le bain.
D'un autre côté, un service de six mois extensible à un an comme je le proposais permettrait à certains de dégager un semestre, qui pourrait être consacré au passage de certains modules, et faciliter l'année d'études suivante.
Il reste encore la solution d'insérer ce service entre la fin des études supérieures et le travail, mais cela serait problématique par rapport aux formations professionnalisantes, qui misent sur l'alternance et les stages de fin d'étude pour placer leurs diplômés dans le monde du travail.
Une dernière solution pourrait être la fragmentation en plusieurs parties, pouvant être réalisées tout au long du lycée lors des vacances scolaires. Le problème et que ça pourrait être plus perçu comme des colonies de vacances que comme une expérience d'insertion dans la vie de citoyen. Pour trancher, le mieux est peut-être de laisser le choix entre les différentes formules dans un premier temps, puis de généraliser celles qui semblent le plus adaptées
Budget
Seconde modalité pratique importante : le coût de l'opération. Le coût d'un service civil de six mois avait été estimé à trois milliard et demi d'euros. Ma proposition étant un service à durée variable, allant de six à douze mois, en tranchant grossièrement sur un service de neuf mois en moyenne on obtiendrais environ cinq milliards d'euros.
Environ deux milliards seront destinés aux rémunérations des conscrits, et donc réinjectés dans l'économie. On pourrait les considérer comme faisant partie des aides aux jeunes. Pour la part restante, une partie pourrait être économisée en faisant participer ou en baissant les subventions des associations accueillant des conscrits pendant la partie civile du service (l'incertitude étant d'en déterminer la part exacte). Une partie du coût devant bien sûr être intégrée dans le financement de la défense nationale. Une telle mesure serait donc effectivement assez coûteuse, mais ce budget est à comparer à d'autres mesures idéologiques comme le paquet fiscal.
Voir le billet suivant : Rétablir la conscription : pertinence d'une préparation militaire
Image :
Source : Wikimedia commons
Auteur : Lillu
Licence : domaine public









Commentaires
Tout dépend de la durée.
Six mois casés à la fin des études secondaires peuvent "couper" le cursus et se poserait le problème de l'organisation des flux à recevoir en même temps.
Des tranches de deux à trois mois pourraient vite apparaître comme des "colonies de vacances", en effet, mais seraient plus souples.
Dans mon commentaire sur le précédent billet, j'ai évoqué un module européen complémentaire européen qu'il serait bien de pouvoir "caser".
Quand au coût, si la citoyenneté est reconnue comme une priorité, des fonds pourraient être obtenus par redéploiement de crédits ; de plus, la valorisation en ETP des missions d'intérêt général que les jeunes seraient amenés à accomplir pourrait être imputée sur les budgets des organismes d'accueil.
Ma préférence va à la formule sur une année à 18 ans, quitte à retarder un peu l'entrée à l'université.
En un an on aurait le temps d'en caser des choses, et on pourrait considérer ça comme une poursuite de la scolarité. En tout cas c'est tout à fait la manière dont je l'envisage.
Si ça te dit d'y ajouter des références de textes que tu as rédigés ou lus
http://lescriptorium.wordpress.com/...
Justement j'en viens :-)