Métaphore
Par vincent15 le mercredi, décembre 23 2009, 14:56 - Développement durable - Lien permanent
Bon, après quelques discussions avec des amis, je vous ressors une métaphore que j'avais utilisé chez l'hérétique, mais cette fois en un peu plus détaillée.
Imaginez que vous êtes un piéton, dans un groupe, arrivant à un passage où vous avez la priorité, et qu'un camion, dont vous ne voyez pas le conducteur, arrive à vive allure. Vous ne savez pas si le conducteur souhaite s'arrêter ou non. Vous pouvez continuer à marcher en disant que le camion va s'arrêter et traverser devant lui, ou attendre pour traverser de voir s'il s'arrête ou pas.
Votre esprit calcule que si le camion continue à la même vitesse et vous aussi, vous allez vous faire écraser. Cependant, vous ne connaissez pas le chauffeur, vous ne savez pas s'il va s'arrêter parce qu'il respecte scrupuleusement le code de la route, ou s'il va passer parce qu'il est borné ou qu'il ne vous a pas vu. Il est même possible que le conducteur vous en veuille personnellement, ou à un membre de votre groupe et fasse un détour pour vous écraser sur le trottoir.
Le camion c'est le climat, le groupe de piétons l'humanité et le conducteur les principes physiques qui dirigent le climat et que nous ne maîtrisons pas parfaitement.
Ce que disent la plupart des scientifiques, c'est qu'il faut s'arrêter, ou du moins maîtriser son allure, pour essayer de voir le chauffeur et que s'il fait signe de passer ou qu'il s'arrête, vous pourrez éventuellement y aller. D'autres estiment qu'on peut continuer un peu, et que quand on verra le chauffeur, on verra bien si on peut ou pas faire demi-tour.
Ce que comprennent les journalistes, c'est qu'il est impossible que le chauffeur s'arrête. Ce que disent les opposants au réchauffement anthropique, c'est que le camion va s'arrêter quoi qu'il arrive, sans plus le connaître que les autres, et qu'il vaut mieux traverser que perdre du temps. Certains écologistes sont persuadés que le chauffeur va nous écraser quoi qu'on fasse. La plupart des politiques veulent s'arrêter, mais surtout pas en premier pour pas que les autres prennent de l'avance.
Le sommet de Copenhague, c'est une dispute entre les piétons ou chacun essaie de trouver une solution pour ne pas s'arrêter en s'arrangeant pour que le camion écrase les autres.
Et vous, vous feriez quoi ?









Commentaires
L'image est parlante.
Je me demanderais si le conducteur du camion qui roule à "vive allure" comme tu l'écris respecte la limitation de vitesse. Ca dépend en effet des zones où tu situerais le passage protégé pour piétons : en zone 30 en agglomération, en agglomération à 50 km/h, ou sur une route départementale à 90 km/h.
Ensuite, quand on se penche sur les dicussions des piétons, tu le dis toi même, c'est un "groupe", qui écouter plus qu'un autre ? Le problème une fois posé, il convient d'arriver à trouver collectivement et rapidement la solution la plus adaptée au groupe dans son ensemble. Car l'intention première est bien de continuer à faire avancer la totalité du groupe en lui permettant de traverser la chaussée.
Partant de là, si on revient au thème du climat, ce serait préconiser des orientations de développement durable pour tous que j'assimilerais personnellement au Code la route.
Mais combien de personnes respectent-elles scrupuleusement le Code de la route ?
Tu touche là le principal problème de l'humanité, elle ne sais pas respecter ses propres règles et se respecter elle même.
je prendrais ma soucoupe volante :)
@ Vincent
Tu as raison et plus généralement, l'humanité oublie souvent qu'elle n'est pas la seule sur terre :
"Or, l'enjeu de Copenhague n'était pas les relations humaines, mais le réchauffement de la planète, la
fonte des pôles, la montée des eaux, la disparition des espèces. Il s'agit d'un objet qui dépasse
l'horizon classique du politique. Ce que montre avant tout le sommet de Copenhague, c'est que les limites du politique, au sens traditionnel du mot, sont aujourd'hui atteintes à un point sans précédent dans l'histoire."
Extrait de l'entretien du philosophe Michel Serres paru dans le Monde du 21 décembre.
"On a oublié d'inviter la terre au sommet de Copenhague"
http://www.lemonde.fr/le-rechauffem...
Ces abrutis de piétons, plutôt que d'essayer de savoir ce qu'ils ne sauront peut être jamais au sujet du camion et du conducteur, ils feraient mieux d'occuper leurs efforts à minimiser les dégats causés (sur eux-mêmes ou sur les autres piétons) par une éventuelle collision.
Sans oublier que les camions ça monte parfois aussi sur les trottoirs pour écraser les piétons qui ne se sont pas engagés.
Ah, Vincent ! Tu sais comme j'aime ton idée et de nous mettre ainsi piétons est encore mieux.
De toute manière, le camion est soit nocif en lui-même soit utile : il produit des gaz toxiques lorsqu'il roule, mais il peut éventuellement, tout comme les avions, en envoyant ses émanations dans l'atmosphère... nous protéger des rayonnements ! Il peut aussi nous gêner s'il est mal garé sur le trottoir mais il peut nous amener notre pain quotidien à domicile.
Même si le camion ne nous a pas écrasé, il y a encore tout plein de choses qui peuvent nous arriver. ;-)
Le code de la route peut être différent suivant les pays. Il faut nous y adapter. Demander des efforts à d'autres pour "durcir" leur code de la route sous-entend que nous soyions déjà exemplaires. C'est une première étape, après seulement nous pourrons parler de "passage-piétons" chez les autres.
Simple question de pragmatisme dans les négociations internationales.
J'avais déjà visité ton blog sans faire le rapprochement avec le Vincent BdF à mon grand âge c'est excusable.
Ta métaphore résume bien la situation. J'y ajouterai ceux qui courent devant pensant que le camion ne les ratrapera jamais.