French_Senate_amphitheater_050917_162927.jpgL'hérétique à écrit un billet sur ce que signifie actuellement être de droite, à la suite d'un billet de Nemo (dit maman c'est quoi être de droite ?), lui même inspiré d'un billet du Faucon. Je prends la relève.

Donc que signifie être de droite ? Et bien pour moi, pas grand chose.

Historiquement qu'est ce que le droite ? La droite, pour certains, ce sont les conservateurs, et la gauche les réformateurs. Je vous laisse deviner ce que pense le Président Sarkozy de cette définition, lui qui prône la rupture.
Certains diront : "oui mais la gauche c'est le progrès, et la droite fait des réformes dans le mauvais sens". Seulement, si vous demandez aux gens de droite, il diront qu'ils vont dans le sens du progrès, alors que la gauche non.

Si on va profondément dans l'histoire, la première fois que l'on pourrait voir une opposition de type droite/gauche, c'est dans la Rome Antique, entre les plébéiens et les patriciens. Les patriciens étaient la classe dominante, théoriquement issue des premiers romains, et qui seule possédait le droit de siéger au sénat (au début de la République). Les plébéiens, c'étaient les autres citoyens, trop pauvres ou pas assez nobles. Chacun voulant avoir le plus de pouvoirs possibles.

Être de droite serait donc défendre une vision aristocratique de la démocratie, où les élus feraient partie exclusivement d'une classe dirigeante, et être de gauche une vision populaire, ou chacun pourrait accéder au pouvoir. C'est à peu près le type d'opposition qu'il pouvait y avoir dans les premières républiques françaises, mais de nos jours, il n'y a plus de nobles en France depuis longtemps (même si certains s'en réclament), et les partis de gauche ne sont pas ceux qui réclament la disparition du sénat (seul organe important que l'on pourrait qualifier d'aristocratique), de même que ceux de droite ne sont pas ceux qui s'opposent à la désignation du président par le suffrage universel.
Si on creuse un peu plus dans cette direction, être de droite pourrait être défendre les plus riches, et de gauche les plus pauvre. C'est souvent comme ça que la gauche définit les choses. Ainsi plus on est à gauche et moins on est tolérant envers les riches, cela pourrait définir pas mal la gauche française, mais pas vraiment la droite. En effet, les gaullistes par exemple, ou bien les radicaux, sont des gens très attachés à l'égalité républicaine, plus que certaines personnes de gauche qui peuvent accepter facilement des avantages pour les classes sociales les plus riches (bizarrement, souvent ceux qui en font partie).

Tient parlons un peu des radicaux et des gaullistes. Les radicaux étaient la gauche du XIXème siècle, mais sont considérés actuellement comme du centre voire de droite, les gaullistes ont toujours été considérés comme des gens de droite, mais de Gaulle n'hésitait pas à parler avec les communistes, et était à leur égard bien plus tolérant que certaines personnes de gauche modérée.

La xénophobie, et l'attachement à la patrie, la nation, voilà ce qui définirait l'extrême droite. La droite serait donc ceux qui sont un peu xénophobes, mais pas trop et la gauche pas xénophobes du tout (surtout l'extrême-gauche). Encore une fois, une définition qui sera facilement acceptée à gauche, mais beaucoup moins à droite.
Bon alors la gauche ce serait ceux qui sont pour le socialisme et la droite ceux qui sont contre, le centre ceux qui sont pour défendre le plus le peuple, mais sans socialisme. Voilà une définition acceptable pour le vingtième siècle, sauf si on considère l'extrême droite, mais beaucoup moins depuis la chute du mur.

Voilà où on se retrouve aujourd'hui, pas de définition claire de ce qu'est la droite ou la gauche, sinon que la droite ce sont ceux qui sont dans les partis issus de ceux qui étaient contre le socialisme et la gauche des partis socialistes, ou issus de ceux qui l'ont été. Une définition juste historiquement, indigeste, et qui n'aidera pas beaucoup le citoyen qui rechercherait pour qui voter.

N'ayant pas trouvé mieux, je vais parler de mes sentiments, bien que ce ne soit pas très rationnel comme définition. En ce qui me concerne, je suis une personne très attachée à l'égalité des chances et l'égalité de droit entre les hommes. Je suis aussi libéral, du moins libéral au sens ancien du terme, tel que l'on pouvait le rencontrer depuis la renaissance jusqu'à la fin du XXème. Je pense donc que l'on doit laisser les gens faire ce dont ils ont envie dans leur vie privée, à partir du moment où ça ne nuit à personne, que les gens doivent pouvoir changer de métier à leur guise, aller ou bon leur semble, y compris dans les autres pays, bref, que l'on doit laisser les gens tranquilles. Pour l'économie, je pourrais être néo-libéral, si ce libéralisme n'était pas catastrophique sur le plan social et écologique. Je suis donc un modéré, acceptant des règles strictes si elles ont pour but de mettre en place une société durable, beaucoup moins si elles ont pour but de soumettre l'économie à l'état, une élite, ou autre chose. Je suis aussi quelqu'un qui attend des autres qu'ils assument leur responsabilité, que ce soit dans la vie de tous les jours et en matière de criminalité, en tant que consommateur, que citoyen, ou bien sur le plan écologique.

Tout cela me rapproche plus de la droite que de la gauche très probablement. J'ai beaucoup plus de point communs généralement avec des gens de droite que de gauche, mais certaines personnes à gauche ont des discours compatibles aux miens, et des gens de droite des discours que je trouve exécrables. Du coup j'ai beaucoup de mal à glisser un bulletin PRG ou socialiste modéré dans une enveloppe, et c'est d'ailleurs le plus loin que je peux aller, alors que quasiment tous les partis de droite (modérée) pourraient accueillir mon suffrage. Je suis donc probablement quelqu'un du centre-droit.
Mais actuellement, l'UMP, en tant que machine à faire gagner Sarkozy, me plaît très peu, et le modem bien que d'un positionnement politique nouveau, peine à avoir un discours homogène. Cap21, un parti modéré, intelligent, écologiste et citoyen, ma plaît beaucoup, mais il n'a pas l'envergure que je souhaiterais. Les autres partis qui pourraient me correspondre plus à droite sont minuscules, et il est exclu que j'aille dans un parti de gauche, parce que d'une part leurs membres sont souvent opposés aux valeurs que j'ai décrit ci-dessus et d'autre part parce que quand les partis sont compatibles avec mes idées, je n'apprécie pas l'hypocrisie de leur discours. Je respecte donc beaucoup plus un parti comme le Parti de Gauche, qui assume ses idées même si je ne voterais jamais pour eux, que le parti socialiste, pour qui je peux voter mais qui ne sait pas sur quel pied danser (je ne parle bien sûr pas des membres de ces partis).
Comment je fais me demandait l'hérétique ? Et bien j'hésite, et je vote pour le moins pire, en attendant que ces vieux partis explosent et assument enfin une ligne politique claire, quand je ne m'abstiens pas simplement au second tour.

Voilà, comme ce sujet est devenu une chaine le temps que j'écrive le billet je passe la patate à Florent Jérome, que je connais peu et dont j'ai lu quelques billets ces derniers temps, FH, le canard à l'orange et le Crapaud, si ça n'a pas été déjà fait et Olibé, à retardement. Voilà pour le billet d'origine de cette chaîne.